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QUE DIRE AU GENERAL APALO ?

Par Bakl Kekn

La situation politique reste très tendue en Côte d’Ivoire à deux semaines de la présidentielle du 31 octobre 2020. Les manifestations éclatées qui se tiennent en Côte d’Ivoire contre un troisième mandat d’Alassane Ouattara commencent à faire des morts. Au moins 11 morts 4 morts Adioukrous lâchement assassinés dont un élève de terminale, un homme d’un certain âge qui a quitté la ville pour rejoindre son village natal Dibrm, deux guerriers Adioukrous, 1 de Lopou et 1 de Yassakp, et 7 microbes neutralisés, des dizaines de blessés, au moins une quarantaine d’arrestations de jeunes Adioukrous lors des affrontements liés aux manifestations contre un troisième mandat anticonstitutionnel du Chef de l’Etat sortant Alassane Ouattara. Ces chiffres sont provisoires, et donc non exhaustifs.

Il s’agit ici de répondre aux menaces du Général Apalo contre le peuple du Lebutu.

Suite aux mots d’ordre de plusieurs leaders ayant appelé à continuer la mobilisation, dans le cadre de la Désobéissance Civile, contre ce 3e mandat anticonstitutionnel du président sortant Alassane Ouattara, plusieurs villes de Côte d’Ivoire sont descendues, descendent et descendront dans les rues jusqu’au départ de celui qui veut défier un peuple qu’il ne connait pas dans sa diversité culturelle et son unité patriotique.

Et c’est relativement à cela que les lundi 19, mardi 20, et mercredi 21, suivant les autres régions du pays, le peuple du Lebutu, pour la troisième fois, a appelé à manifester tous les militants de la coalition des partis d’opposition. Les militants étaient descendus des villages et des autres sous-préfectures par milliers pour participer à cette manifestation de grande envergure, sous le modèle d’une marche des militants de tous les partis aux mains nues. A leur grand étonnement, ces manifestants furent attaqués froidement et blessés à l’arme blanche par des microbes, encadrés par les forces de l’ordre, qui se seraient pré-positionnés dans la ville la veille. Avant de s’attaquer aux manifestants ils détruisent le premier village de la région Agneby, après le pont du fleuve du même nom. Ils éventrent les portes et blessent les habitants qui eurent, pour ne pas mourir, leur salut en fuyant par voie fluviale et lagunaire – pour les jeunes qui étaient recherchés – vers le village de N’gatty et de Gbougbo plus sécurisés. Après cette attaque ils vont s’en prendre à tous les manifestants et à toute la population dans toute la ville. Ensuite, comme s’ils avaient reçu des consignes, ils s’attaquent aux populations de Gbougbo où les jeunes des villages de N’gatty et d’Agneby vont vaillamment les repousser jusqu’en ville où les forces de l’ordre vont de nouveau les protéger. Ces mêmes jeunes microbes, aiguisant leurs machettes sur le goudron et appelant les Adioukrous à descendre dans les rues pour les affronter, s’ils sont des hommes. Ils vont s’attaquer de nouveau au village de Kpass, le village du Cardinal Yago, faisant 1 mort et de nombreux blessés. Kpass sera secouru par des villages de la région forestière dont je veux taire les noms, réputés pour leur vaillance, ainsi que d’autres villages lagunaires non moins vaillants, comme nos rites initiatiques l’exigent. Les microbes pris en sandwich seront violemment repoussés n’eu été les gaz lacrymogènes des policiers qui ont couvert leur retraite. Le village sera veillé toute la nuit, pour la sécurité de la population, par tous ces villages accourus. Dès lors, le peuple du Lebutu, dont des fils dignes furent saignés sur la terre de leurs ancêtres, savait ce qui lui restait à faire.

Après le repli des manifestants dans leurs villages respectifs et les conflits du lundi, simultanément tous les villages tiennent un conseil sur la conduite à tenir pour effacer cet affront et cette humiliation infligés au peuple du Lebutu. La journée de mardi fut calme dans tous les villages des deux confédérations, Bobor Lock et Dibrm Lock. Les réunions se succédaient aux réunions, avec la coordination des actions à mener. Des cargos de gendarmes, des contingents de forces spéciales furent envoyés sur les lieux. Toute la journée de mardi, les microbes paradaient dans les rues menaçant tout le monde, invitant les Adioukrous à venir les affronter. La nuit du mardi à mercredi, il régnait une atmosphère de danger imminent, de panique et de mort même devant l’inaction et le repli dans son village d’un peuple dont on ventait la bravoure. En langage initiatique, les Adioukrous se sont immergés et enfoncer dans leurs rivières, lagunes et forêts en conciliabule avec leurs génies tutélaires. Les microbes avaient subitement disparu des rues. La sagesse venait-elle de les habiter subitement ? Nul ne peut le savoir. Cette atmosphère lourde va prendre fin le mercredi aux environs de 10 heures 30 quand de tous les coins de la ville les jeunes Adioukrous instruits des conseils de la génération régnante à honorer leur initiation et les mânes de leurs ancêtres vont foncer par millier sur la ville qui sera débarrassé de ces fameux microbes qui ont pris connaissance avec la vaillance de ce peuple. « Obn memn tchè isr o ! kigbegbl es inetchi louwoul ab bab ! » Le lion n’est qu’assoupi ! On ne joue pas avec sa queue ! L’Odzukru Okumbo ! Okumbo ! Okumbo ! Vos petits-enfants vos enfants, et vos neveux ont vaillamment lavé l’affront. Nous devons tirer toutes les conséquences quant à notre engagement dans cette Désobéissance Civile, car chez nous on ne prend jamais le pouvoir avec la force, encore moins verser le sang de son frère. C’est un comportement qui est inscrit dans le génome de tous les peuples lagunaires et forestiers. Jamais, jamais, jamais !…

Ce n’est pas que ceux qui nous ont attaqués n’ont pas été mis en garde par nos frères Senoufo, malinké, Koyaka, Djimini, avec lesquels nous vivons en symbiose depuis des décennies, ne leur ont pas dit de ne pas réveiller le lion qui n’est qu’assoupi. La violence de l’engagement est un exemple que les Adioukrous ont infligé à ces gens, car chez nous on ne se bat pas pour le pouvoir, un pouvoir qu’on transmet aux générations qui vous suivent tous les huit ans sans que vous ayez à vous éventrer. Se battre pour le pouvoir est un sacrilège.

De cela, Alassane Dramane Ouattara apprendra à connaître les Ivoiriens et notamment les Adioukrous dans ce qu’ils ont de plus intimes, secrets et profonds. Non messieurs ! Le Christianisme que nous avons embrassé par conviction et foi en un Dieu unique, puisque aussi nous sommes monothéistes, un Dieu unique que nous appelons Yam ou Foniamba, n’a pas fait disparaitre de notre vie nos valeurs ancestrales. Heureusement. Et ce ne sont pas les menaces d’Apalo, fils d’un peuple d’initiés, qui viendra effrayer les Adioukrous sur les terres du Lebutu, et en présence de leurs génies tutélaires. L’Adioukrou n’aime pas les foutaises, comme disent les Ivoiriens de toutes les régions. Du feu le Professeur Harris Memel Fotê, fils illustre, de cette région de la Confédération Bobor Lok, comme le Cardinal Yago dont le village de Kpass, dans la Confédération Dibrm Lok, fut attaqué par des hordes de microbes, euphémisme pour désigner une milice à la solde du pouvoir, faisant des morts et des blessés, le terme Bol Kotch est entré dans le langage courant des Ivoiriens : ‘’Qui cherche trouve’’. Monsieur le Général Apalo, vous qui êtes fils d’un peuple d’initié, comme les Adioukrou, le l’Odzukru et ses patriarches vous disent que ‘’le lion n’est qu’assoupi ! Il ne dort pas du tout, et son réveil peut être grave de conséquence, si vous jouez avec sa queue !’’ Ne cherchez pas les Adioukrou… ! L’ivresse du pouvoir ne doivent pas vous poussez à ces extrêmes. Ce peuple paisible, accueillant et hospitalier comme le sont tous les peuples ivoiriens, a droit au respect, à l’estime et à la considération. Les Adioukrous vous disent que l’Aigle a pris son envol dans le firmament et veille sur les eaux, les côtes, et les forêts, sanctuaires de nos génies tutélaires, il indiquera le moment venu de quelle direction viendra le ‘’génocide’’ que vous nous promettez, mon Général Apalo ! Le génocide des 8 tribus du Lebutu. Et les guerriers des rivières et des forêts ne fuiront pas devant les hommes d’Apalo. La possession de la puissance et de la force légitime et légale régalienne de notre pays ne vous donne pas le Droit, mon Général, de proférer des menaces à l’encontre du peuple ivoirien pour un homme. Fût-il Alassane Dramane Ouattara ! Un peuple ivoirien qui défend son existence et la démocratie qui doit être le ciment de sa cohésion sociale et de son développement. Des peuples ivoiriens profondément démocrates comme le sont les Adioukrous, les Abourés, les Ebriés, les Attiés, pour ne citer que ceux-là, où une génération vient au pouvoir pendant une période donnée, l’assume et le passe à son terme à une autre qui la succède sans effusion de sang. Dites au Général Apalo que ces peuples n’accepteront jamais le 3ième mandat d’Alassane Dramane Ouattara. Ni aujourd’hui, ni demain ! Et c’est tout le sens anthropologique de leur engagement dans la désobéissance civile. Ce parjure qu’ils ne connaissent pas dans leur culture, et qui est la base du contrat social qui lie le peuple de Côte d’Ivoire, à travers laquelle ils retrouvent leurs valeurs et leur identité, ne passera pas, nonobstant les menaces et les rodomontades du Général Apalo juché sur ces chars à Dibrm, capitale de la Confédération Dibrm Lok, pour faire plaisir à Alassane Dramane Ouattara. Pour une armée républicaine ce Général est une honte.

Mon Général ‘’Pro patria, pro lege’’ ‘’Pour la Patrie, Pour la loi’’ est la devise de la Gendarmerie dont vous conduisez la destinée aujourd’hui. Avant vous il y a eu des Commandant de Gendarmerie ! Après vous il y en aura, puisque la Côte d’Ivoire nous survivra tous. Alors quand on vous envoie, il faut savoir vous envoyer, car vous ne pouvez tuer tous les Ivoiriens. Alors devant demain qui juge, que diriez-vous devant le peuple ivoirien ? Que vous n’aurez fait que respecter les ordres du chef ? Je vous laisse réfléchir et  méditer, mon Général, quand vous serez seul devant votre conscience, dans une approche épistémologique de l’exercice de tout pouvoir quel qu’il soit.  En oubliant le sens et la portée morale de votre devise, mon Général, vous trahissez votre serment et vous êtes dans le parjure. Le peuple Adioukrou prend à témoin la nation ivoirienne et le monde, et attend avec dignité et fermeté le génocide que vous lui avez promis.

Ceci pour répondre aux menaces du Général Apalo et parer à l’urgence. Nous reviendrons à la narration chronologique, avec force détail, des évènements de ces débuts survenus dans cette région du Lebutu, quand nous aurons de façons précises tous les éléments factuels. Mais que chaque Ivoirien et chaque Ivoirienne soient concernés par cette crise qui n’est pas intercommunautaire, comme veulent le faire croire une certaine presse, adepte des abjections et qui refusent les évidences. Cette lutte est celle de la naissance d’une Patrie, d’une Nation, d’une République qui n’existe que parce que sa Loi Fondamentale est respectée, et d’un Etat qui gère le quotidien des citoyens pour le bonheur des populations.

Dieu sauve la Côte d’Ivoire notre Pays.

 

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