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« Si l’UE ne veut plus vivre uniquement pour éviter la mort, elle soutiendra verbalement Navalny et ravalera simultanément sa fierté en commandant des vaccins à Poutine. Nous allons faire des affaires avec la Russie. Les politiciens et les beaux parleurs qui s’y opposent
jouent avec des vies humaines. »- Newsweek.

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« L’UE va sacrifier Navalny pour les vaccins russes » ! C’est l’avis du magazine Business AM ce 9 février (qui publie en français des articles de Newsweek). Qu’en penser au moment ou Borrell, le représentant de l’UE qui revient de Moscou, parle de nouvelles sanctions (1) ?

L’ECHEC DE L’UE DANS LA VACCINATION
« L’Union européenne vaccine 25 fois moins vite qu’Israël, 7 fois moins vite que le Royaume-Uni de Boris Johnson (le week-end dernier, jusqu’à 1 000 vaccinations par…minute) et 4 fois moins vite que les Etats-Unis », rappelle Business AM. Cependant, dans une récente interview accordée au journal français Le Monde, la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, incapable et dogmatique, a maintenu avec arrogance sa position. Elle a défendu la stratégie de l’UE . « Von der Leyen est connue pour ne jamais admettre ses erreurs (…) La responsabilité de la débâcle autour des vaccins repose sur Ursula von der Leyen ».

La campagne de vaccination lente pourrait coûter près de 90 milliards d’euros à l’Europe ! La vaccination reste une course contre la montre. Israël rapporte une baisse de 35 à 40% des hospitalisations, maintenant que déjà plus de 60% de la population a été vaccinée. Dans le même temps, le nombre d’admissions à l’hôpital parmi la population non vaccinée explose.

« Si l’UE continue de vacciner à ce rythme, nos hôpitaux seront inondés de nouveaux cas du variant britannique. Il en résultera des milliers de nouveaux décès et des lockdowns qui dureront des mois », ajoute le magazine. Qui conclut en affirmant qu’ « en raison de sa politique catastrophique d’achats de vaccins, l’UE n’a guère d’autre choix que de sacrifier Alexei Navalny sur l’autel du politiquement correct et d’importer le vaccin Spoutnik V ».Résultat de recherche d'images pour "photo de vaccin russse contre la covid-19"

« NOTRE RELATION AVEC LA RUSSIE RESTE CE QU’ELLE A ETE PENDANT DES ANNEES: TRANSACTIONNELLE » (BUSINESS AM)

L’analyse du magazine repose sur la real politique. « Les politiciens allemands l’ont déjà compris. Un certain nombre de responsables de haut rang – dont Angela Merkel et Martin Schulz – ont déclaré ce week-end que le projet Nord Stream 2 devrait être découplé de la détention de Navalny. Ce qui, en termes humains, signifie: nous avons du mal à accepter l’arrestation de Navalny, et pourtant nous continuons à faire des affaires avec Vladimir Poutine ».

Ainsi, notre relation avec la Russie, même en dépit de Navalny, reste ce qu’elle a été pendant des années: purement transactionnelle, analyse le magazine.

L’UE OUVRE LA PORTE AUX VACCINS RUSSES ET CHINOIS

La semaine dernière, la ministre allemande de la Santé Jen Spahn et le responsable du programme national de vaccination français Alain Fisher ont donc ouvert la porte aux vaccins russes et chinois. L’Europe devrait envisager de les utiliser, si ils sont sûrs. Une possibilité qui, jusqu’à récemment, semblait impensable. Le vaccin russe semble particulièrement en valoir la peine. Les résultats de l’étude de phase 3 récemment publiés dans la célèbre revue médicale The Lancet montrent qu’il présente un très haut degré de protection: 91,6%. Pourtant, certains de nos experts avaient rejeté Spoutnik V l’été dernier, le qualifiant de « coup de pub de Moscou ». « Allons-nous bientôt injecter des vaccins russes et/ou chinois à la population européenne ? Pourquoi (pas) ? »

LA REPONSE RUSSE A LA CARENCE DES BIG PHARMAS ANGLO-SAXONS : 100 MILLIONS DE DOSES AU DEUXIEME TRIMESTRERésultat de recherche d'images pour "photo de vaccin russse contre la covid-19"

Dans l’intervalle, au milieu d’un conflit aux enjeux importants entre l’Union européenne et le géant pharmaceutique AstraZeneca, le fabricant du vaccin russe contre le coronavirus Spoutnik V a déjà formulé à l’UE ce qui semble être une offre alléchante. L’UE pourrait recevoir 100 millions de doses de Spoutnik V dès le deuxième trimestre de cette année. Cela permettrait de combler l’énorme vide laissé par un revers dans le calendrier de livraison d’AstraZeneca.

LE CHEVAL DES TROIE HONGROIS

« Poutine ne fait pas cela par charité, mais pour faire ce qu’il fait le mieux. À savoir, utiliser le vaccin russe comme un outil supplémentaire pour encourager la discorde au sein de l’UE ». La Hongrie, qui suit déjà sa propre voie au sein de l’UE depuis un certain temps sous la direction d’Orban, en est la meilleure preuve. Le pays a déjà approuvé Spoutnik V et en a commandé 2 millions de doses !

Le haut représentant européen pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a également fait l’éloge du vaccin russe lors d’une visite à Moscou la semaine dernière. Il a qualifié Spoutnik V de « bonne nouvelle pour l’humanité ». Borrell « espère que l’Agence européenne des médicaments (EMA) approuvera bientôt l’utilisation du vaccin’ » dans l’UE. Non sans joie malicieuse, les Britanniques ont parlé d’une « masterclass dans la pire des diplomaties de l’Union européenne ».

L’ECHEC DE L’UE EN SERBIE, OU BRUXELLES JOUE LES GROS BRAS
GEOPOLITIQUES

La Serbie , ou « comment l’Europe rate sa « diplomatie du vaccin » (dixit Le point, ce 9 février) : « Belgrade, qui a joué sur tous les tableaux, vaccine à tour de bras. Et pendant que l’UE patine, la Chine s’installe durablement en Serbie ». Le 1er février dernier, Emmanuel Macron se tenait aux côtés du président serbe Aleksandar Vucic. « Le grand pays de l’Union européenne (sic) à côté du petit pays des Balkans qui frappe à la porte de l’UE » … Sauf qu’en termes de vaccination, la petite Serbie démontre qu’elle peut parfaitement se passer de l’Europe. Le président Vucic a su jouer de la diplomatie du vaccin en se tournant vers les Chinois (le vaccin Sinopharm), sans rejeter les Russes (40.000 doses du vaccin Spoutnik V), tout en négociant directement 30.000 doses avec le germano-américain Pfizer/BioNTech. Résultat, la Serbie vaccine à tour de bras …

ET NAVALNY ?
« orrell voulait faire pression sur Moscou dans l’affaire Navalny, mais il a finalement été anéanti par le ministre des affaires étrangères Lavrov ». Le Russe a qualifié l’UE de « partenaire peu fiable ». « Moscou sait depuis longtemps qu’il est préférable de négocier
directement avec les pays de l’UE qu’avec Bruxelles ».

« LE VACCIN RUSSE SPOUTNIK V: UNE LEÇON D’HUMILITE POUR L’EUROPE » (BUSINESS AM)
Pourquoi la stratégie de vaccination occidentale est vouée à l’échec ?

« L’endroit où vous êtes assis est chaud et vous pouvez remercier le gaz russe pour cela ». Derk Sauer, le fondateur néerlandais du Moscow Times (pro occidental), ne voit aucun problème dans le déploiement de Spoutnik V. « Il n’y a aucun problème avec le vaccin contre le coronavirud. Nous ne devrions pas nous indigner de manière sélective. Là où vous vous trouvez actuellement aux Pays-Bas, il fait chaud, et vous devez remercier le gaz russe pour cela. Nous pouvons à la fois soutenir Navalvy et déployer le vaccin Spoutnik V », assure-t-il dans Het Parool. Sauer a raison: une grande partie de l’UE dépend du gaz russe, car la transition énergétique a été mal gérée.

« Une grande partie de l’UE va maintenant déployer des vaccins russes parce que la stratégie de vaccination est défectueuse (…) Si l’UE ne veut plus vivre uniquement pour éviter la mort, elle soutiendra verbalement Navalny et ravalera simultanément sa fierté en commandant des vaccins à Poutine. Nous allons faire des affaires avec la Russie. Les politiciens et les beaux parleurs qui s’y opposent jouent avec des vies humaines », conclut Business AM.AFFAIRE NAVALNY: L’UE AMBIVALENTE APRES LE CAMOUFLET INFLIGE A
JOSEP BORRELL EN RUSSIE (LE FIGARO)

L’analyse du Figaro rejoint ce constat et et estime que « Poutine durcit son bras de fer avec les Occidentaux » : « Le silence des Européens au cours du week-end démontre à nouveau à quel point les capitales divergent sur la manière d’appréhender la question russe (…) Il n’y avait guère d’empressement ce week-end à Bruxelles pour commenter les dernières provocations (sic) du Kremlin et les humiliations infligées au Haut Représentant Josep Borrell lors de son déplacement à Moscou. En particulier, les formules assez peu diplomatiques du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l’égard de l’UE ou encore l’annonce du renvoi de trois diplomates européens – un Allemand, un Polonais et un Suédois – accusés d’avoir participé le 23 janvier à des manifestations en faveur de l’opposant Alexeï Navalny ».Résultat de recherche d'images pour "photo de NAvalny"

NOTES ET RENVOIS :
(1) De retour à Bruxelles, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell proposera aux
États membres d’adopter dans les prochaines semaines de nouvelles sanctions contre les

autorités russes, a-t-il indiqué mardi devant le Parlement européen au terme d’un réquisitoire lourd et désabusé sur les relations entre l’UE et le Kremlin. Les prochaines étapes, oui, pourraient inclure des sanctions, et je ferai des propositions concrètes en recourant au droit d’initiative qu’a le Haut représentant, combinées à des actions pour lutter contre la désinformation et les cyberattaques quot, a confirmé l’Espagnol, atlantiste de toujours, devant l’hémicycle, qui l’attendait de pied ferme après le revers qui lui a été infligé par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Ignorant les appels de l’UE à la libération de l’opposant Alexeï Navalny, la Russie a annoncé pendant la visite de M. Borrell l'expulsion de trois diplomates européens, accusés d’avoir affiché un soutien aux sympathisants de M. Navalny.

Une réunion des ministres européens des Affaires étrangères est programmée le 22 février prochain, avant un sommet européen en mars. Fragilisé par des critiques d’eurodéputés sur l’opportunité de cette visite à Moscou, Josep Borrell a contre-attaqué en dressant un lourd réquisitoire contre le Kremlin, accusé de n’avoir pas répondu aux attentes d’une démocratie moderne (sic) depuis une trentaine d’années. Beaucoup de piliers qui fondaient nos relations ont disparu, a-t-il ajouté, citant les différends sur l’Ukraine, dans le Caucase, en Transnistrie (PMR) ou concernant la Biélorussie.

Les sanctions économiques ont tendu les relations, de même que la fourniture d’énergie – levier d’influence primordial pour le Kremlin qui compte notamment sur le nouveau gazoduc Nord Stream 2 – est mise à mal par le verdissement de l’économie mondiale, a exposé le Haut représentant.

(2) Une Europe unie, garantie d’un accès de tous les Etats-membres au vaccin contre le Covid-19, mais des défis encore à relever, des lenteurs dans les autorisations et quelques erreurs dans le travail de la Commission européenne, entre autres dans l’imbroglio sur les exportations de vaccins vers l’Irlande du Nord : la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen reconnait qu’il y a moyen de s’améliorer.

Mais travailler dans l’unité en tant qu’Europe unie (sic) était la bonne chose à faire, argumente Ursula von der Leyen dans une interview accordée à la RTBF. Si certains Etats-membres avaient eu accès au vaccin et les autres pas, cela aurait été un désastre pour notre marché unique et une réelle menace contre l’unité de l’Union européenne. Nous pouvons nous améliorer. (…) La production de masse est un grand défi, créer des chaînes d’approvisionnement stables pour produire des millions et de millions
de vaccins. Le soutien de l’industrie est nécessaire. (…) Nous devons aussi revoir notre
processus d’autorisation.

ANALYSES DE LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY:

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