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En prélude au retour du Président Laurent Gbagbo sur la terre de ses ancêtres, le paysage politique en Côte d’Ivoire est fortement dominé par le retour « du fils du pays » et les observateurs de la scène politique ivoirienne qualifient ce retour d’une chance pour la réconciliation nationale.

Dans cette effusion d’émotion et de contradiction entre les actuels tenants du pouvoir et les partisans du Président Laurent Gbagbo sur la nature de l’accueil, Djah Michel Désire (Juriste, directeur de cabinet du Secrétaire National du FPI Chargé de la Mobilisation de Mouvements Politiques Alliés : AGENOR YOUAN BI) a exprimé sa position via une contribution.

Peut être une image de Djah Michel Désiré

Pour lui, sur le plan politique un accueil triomphal est du pain béni pour le régime Ouattara car il signifie le commencement d’une véritable réconciliation, d’une confiance en la justice internationale qui a été instrumentalisée par ses soins, d’un gage d’ouverture politique, démocratique et donc de modernité. Pour ces quelques raison il est plus que nécessaire que le président Laurent GBAGBO rentre triomphalement dans son pays. Ci-dessus l’intégralité de la contribution.

L’arrivée prochaine du Président Laurent GBAGBO a vu éclore un débat sur la qualité de son accueil. Pour les uns, dans le lot desquels je me situe entièrement, le président Gbagbo doit être accueilli triomphalement ; pour les autres, par contre, il doit venir en catimini. Leurs arguments ?
GBAGBO le génocidaire, le tueur des nordistes, le xénophobe, l’anti musulman, l’anti Français, le braqueur de banque centrale ne doit pas revenir sur la terre de ses ancêtres mais s’il doit venir cela doit se faire en cachette. Tel est le point de vue des prétendues victimes de la crise de 2011. Pour d’autres la réconciliation en Côte d’Ivoire n’étant pas effective pas besoin que le Champion des GOR soit accueilli en fanfare, à cela ils ajoutent des enjeux sécuritaires eu égard au monde que cette arrivée va certainement drainer (eux – même parlent de plus de 2 millions de personnes).
Ces arguments sont ceux du gouvernement et d’une nébuleuse association de chefs traditionnels. Evidemment je ne les partage pas et je les trouve particulièrement opportunistes et inutilement méchants. Il est important à ce stade de notre analyse de présenter là d’où nous venons et ce que représente cette arrivée tant sur le plan symbolique que sur le plan politique. Lorsque 11 avril 2011 le Président GBAGBO a été capturé par l’armée française et mis à la disposition des forces de Ouattara, le peuple ivoirien a vécu un véritable cataclysme.
Nous étions en effet convaincu que Dieu dans sa bonté infinie avait donné à chaque peuple de vivre sur une portion de terre, d’en être propriétaire, d’en jouir des fruits et d’en avoir la totale maitrise (économique, sécuritaire). C’est ce qu’il est convenu d’appeler la souveraineté. Mais voilà que les déterminismes historiques de la traite négrière, de l’esclavage puis de la colonisation ont fait entrer les nations européennes en Afrique par le canon et le fusil.
A l’aide de ces instruments mortifères l’Afrique a été soumise dominée et exploitée, cela se perpétue nonobstant les indépendances prétendument accordées. C’est dans ce contexte que le Président GBAGBO arrive au pouvoir en octobre 2000 et décide de mettre sur la table de négociation les accords scandaleusement défavorables pour son pays.
Pour lui il fallait s’asseoir et discuter avec la France pour que le peuple ivoirien bénéficie un peu plus des fruits de son terroir et du travail de ses fils, c’était une simple question de justice et d’équité me semble-t-il. Il n’en fallait pas plus pour qu’il soit la cible des attaques en tout genre de la France-Afrique et de ses valets locaux. Ainsi l’arrestation le 11 avril 2011 du Président GBAGBO a-t-elle causé une mise en crise de ce que nous pensions être les fondements élémentaires de la vie en société :
Le bien peut-il vraiment l’emporter sur le mal ;
La vérité peut-elle triompher du mensonge ?
La justice a-t-elle véritablement le dessus sur l’injustice ?
La foi en Dieu est-elle mieux que le fétichisme avec ses crimes rituels ?
L’hospitalité se paie-elle toujours par l’ingratitude ?
Les pays africains pourront-ils un jour s’émanciper du joug de la France ?
Les valeurs qui édifient les hommes et les peuples ont été, ce jour-là, sacrifiées sur les autels de la Real Politique et du Néocolonialisme. Pour cette raison mis à part les nombreuses victimes des FRCI, de la France et de l’ONU (Duékoué, Anonkoi Kouté, Adepeme…), ils sont nombreux les ivoiriens qui sont morts pour avoir perdu tous repères, pour avoir perdu l’espoir, pour avoir perdu la foi. Car dès ce jour du 11 avril 2011, la vérité est devenue mensonge, le vice à pris la forme de la vertu. La violence gratuite l’a emporté sur l’intelligence, la médiocrité est devenue l’excellence…
L’incarcération à Korogho, la déportation à la Haye, le procès fleuve à la CPI ne sont que la suite logique de cette injustice fondamentale, de cette promotion des contre-valeurs voire des antivaleurs. Voilà là d’où nous venons… nous venons de loin.
Or nous sommes nombreux nous qui avons oublié que le pédagogue GBAGBO ne cessait de nous enseigner que «LE TEMPS EST L’AUTRE NOM DE DIEU ». De fait la vérité triompha du mensonge et malgré plus de 80 témoins à charge, le Séplou fut acquitté par toutes les instances de la CPI le 30 mars 2021. Cette libération procède d’une symbolique qu’il convient de présenter pour justifier le retour triomphal et festif du président GBAGBO.
Dans toutes les sociétés africaines l’on utilise les ordalies pour connaitre la vérité et pour que justice soit rendue. Dans la société Bété, société de mon extraction, il y a une ordalie nommée le GÔPÔ .
Une personne accusée d’un meurtre en sorcellerie s’en défend. L’accusé pour laver son honneur ou les parents de la victime pour que justice soit rendue, sollicitent que le mis en cause subisse l’épreuve du Gôpô. Il s’agit d’une plante toxique sur laquelle des paroles consacrées sont prononcées aux fins de révéler la vérité par l’élimination physique de l’accusé lorsqu’il est coupable.
Cette ordalie à lieu en dehors du village et ne concerne que les deux familles antagonistes : celle de la victime et celle de l’accusé. Les autres familles sont tenues à l’écart de la procédure. Si le mis en cause n’est pas coupable, la plante toxique ne lui causera aucun préjudice, et la famille accusatrice devra payer à la sienne un lourd dédommagement pour le laver de la souillure du Gôpô. Par contre S’il est coupable, l’accusé risque une mort lente et douloureuse à condition qu’il avoue son forfait avant que le poison ne cause des dégâts mortels. Il peut recevoir en ce moment des antidotes lui permettant de survivre.
Dans ce cas sa famille et lui devront s’acquitter d’une très lourde amende pour réparer le désordre installé dans le village, et faire justice a la famille éplorée en la dédommageant. Le Gôpô est donc une affaire de famille, de lignage car si une personne qui n’a pas de famille est accusée, elle risque même en cas d’innocence d’être tuée autrement avant l’arrivée au village par les membres de la famille accusatrice. Pour cette raison il est dit en pays bété que « celui qui n’a pas de famille ne va pas au Gôpô ».
Le Président GBAGBO LAURENT a été accusé, le Gôpô lui a été administré sans lui causer de préjudice (preuve de son innocence), il a été acquitté, blanchi et lavé par la CPI qui a servi de Gôpô à la France – Afrique. Il est temps pour notre Champion de revenir à la maison. Mais comme c’est une affaire de famille, il est tout à fait normal que l’ensemble de ceux qui se reconnaissent en ses idéaux et en sa personne soient impatients de l’accueillir avec les honneurs et dans l’allégresse à l’aéroport.
C’est un enjeu de dignité et de sécurité. A ce propos, nous, les membres de la famille politique, idéologique, et biologique du président GBAGBO exigeons le droit d’être à l’aérogare nombreux pour faire un accueil plus que triomphal à notre héro, qui est devenu celui de toute l’Afrique. Nous serons nombreux à l’aéroport pour assurer sa sécurité et pour le reconstruire symboliquement en lui montrant qu’il n’a jamais été seul.
Sur le plan politique un accueil triomphal est du pain béni pour le régime Ouattara car il signifie le commencement d’une véritable réconciliation, d’une confiance en la justice internationale qui a été instrumentalisée par ses soins, d’un gage d’ouverture politique, démocratique et donc de modernité. Pour ces quelques raison il est plus que nécessaire que le président Laurent GBAGBO rentre triomphalement dans son pays.
Par DJAH MICHEL DESIRE
(Juriste, directeur de cabinet du Secrétaire National du FPI Chargé de la Mobilisation de Mouvements Politiques Alliés : AGENOR YOUAN BI)

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