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LAURENT GBAGBO SUR FRANCE 24 : «  MOI J’AVANCE »

 Hier 19 octobre 2021, l’actualité politique a été marquée par la première interview du Président Laurent GBAGBO à l’issue de son élection à la tête de son tout nouvel instrument politique ; le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI). L’homme n’a pas trahi sa réputation de débateur hors pair et de politicien avisé. Il a en substance insisté sur sa volonté « d’AVANCER », d’aller à l’essentiel. Que ce soit dans ses rapports avec son ex compagne Simone EHIVET, le contentieux électoral de 2010, la présence des forces françaises en Afrique, la limitation des mandats présidentiels, les milliers de morts de la crise poste électorale de 2010-2011… pour tous ces cas « il faut avancer » selon lui, car plus que personne il sait que la Côte d’Ivoire son pays et l’Afrique ont besoin d’avancer c’est une exigence de la modernité.

1 –  Le cas Simone EHIVET.

Répondant à la question de savoir si son divorce avec Simone EHIVET était politique ou sentimental, le président du PPA-CI a clairement montré que la création de son parti répond au souci de solder les comptes du passé représenté par le Front Populaire Ivoirien (FPI). Celui qui a lutté pour l’avènement du multipartisme en Côte d’Ivoire, juge tout à fait normal qu’une militante de l’envergure de son ex compagne soit libre de militer au sein du parti de son choix. Une attitude contraire de sa part serait un reniement de l’un de ses titres  de gloire : celui de combattant des libertés démocratiques.

Ayant combattu depuis toujours le parti unique et la pensée unique il juge normal que son ex compagne choisisse de créer ou de militer dans une autre formation politique. Il a montré que dans son entendement le FPI, c’est du passé et que lui-même avance.

La balle est donc dans le camp de la camarade Simone pour soit entrer dans les rangs au PPA-CI soit voler de ses propres ailes et s’affirmer politiquement sans le nom et l’auréole GBAGBO.

Affaire à suivre… mais affaire non prioritaire pour Laurent GBAGBO.

2- Concernant le contentieux électoral de 2010

Lorsque le journaliste lui a demandé s’il continuait de se considérer comme vainqueur des présidentielles de 2010, le président GBAGBO lui a clairement fait savoir que la réponse n’avait plus grande importance. En effet, il n’est pas possible de faire « un rétro- pédalage » (le mot est de lui même), en un mot on ne peut refaire l’histoire. Il faut avancer.

En vérité cette question renfermait un piège, celui de le présenter comme une personne contestant l’autorité du tenant actuel du pouvoir, un partisan du coup d’Etat permanent. Une personnalité qui au moins pour cette raison méritait de se retrouver en Prison à la CPI.   Mais avisé qu’il est, l’ex président a esquivé la question tout en se présentant comme l’homme de paix qu’il a toujours été. Un homme qui a un amour si débordant pour son pays qu’il n’hésite pas à sacrifier son intérêt personnel sur l’autel de la paix sociale et la sureté de l’Etat.

Il donne aussi une réponse à ceux de son camp qui pensent de bon droit que comme l’acquittement légitime sa victoire aux scrutins de 2010, il est venu prendre le pouvoir d’Etat par tous les moyens. A ceux-là, GBAGBO a montré que tout bon soldat qu’il est, il reste attaché à la loi, c’est un légaliste. Qu’il est un homme des élections, qui ne conçoit l’exercice du pouvoir que lorsqu’il a remporté les élections. Il leur demande d’avancer et de se préparer pour les échéances électorales à venir au lieu de ressasser un passé douloureux mais qu’ils ont la possibilité de transformer en un avenir qui chante. Ainsi avance- t-il et veut-il faire avancer toute son nouveau parti avec lui.

3– La présence des bases militaires françaises en Afrique

Là encore il a montré qu’il faut avancer. Que la France a intérêt à avancer dans ses relations avec les pays africains en faisant prévaloir le respect et la dignité réciproque. Sa réponse ferme et sans appel  en faveur du départ des troupes françaises d’Afrique semblait si normale, si évidente que même le journaliste Français a semblé honteux de l’attitude de son pays en Afrique. Le départ des forces françaises d’Afrique se fera inéluctablement de gré ou de force, raison pour laquelle Gbagbo ne s’est pas attardé sur la question. Il montre là aussi que la France doit avancer et laisser les africains gérer leur sécurité et leur défense. En cela il choisit l’option de l’aide inter africaine au demeurant de l’aide que les africains veulent bien solliciter en toute souveraineté comme avec le groupe russe Wagner.

4- Le cas Sarkozy

Lorsque le journaliste s’est attardé sur l’intervention de l’ex président SARKOZY dans la crise postélectorale. Il a là aussi adopté une réponse qui permet d’avancer, une réponse progressiste.

Selon lui l’homme fait partie du vaste ensemble de ceux qui ont attaqué son pays. Il a même dépersonnalisé le débat pour poser une question de fond ; « que fait la France dans une affaire d’élections en Afrique ». Il a montré que loin d’être une pratique du seul Sarkozy, cette manière de faire est propre à la gouvernance Française en Afrique. N’oublions pas l’ « opération Barracuda » en Centrafrique pour évincer Bokassa

5- Concernant les morts de la crise Poste électorale

Le président GBAGBO demande que là aussi on avance. Il faut dépasser les slogans creux de réconciliation comme le fait le pouvoir actuellement aux affaires à Abidjan. Pour lui il faut aussi dépasser les autoflagellations spectaculaires qu’il appelle des « amusements » c’est-à-dire les demandes de pardon pour amuser la galerie comme l’a fait Blé GOUDE.

Pour le leader du PPA-CI, il faut donc avancer, c’est-à-dire établir les faits déjà s’entendre sur le nombre de morts de cette crise de 2010-2011, situer les responsabilités des massacres, en désigner les auteurs, procéder à la réparation des dommages causés et rendre justice pour que plus jamais cela ne se reproduise. Voilà comment on fait avancer la réconciliation selon Laurent GBAGBO.

Pour finir le président GBAGBO a fait dans cette interview sur F24 une magistrale démonstration real politique. Il a, à ce propos paraphrasé le président HOUPHOUET qui disait que « la politique est la saine appréciation de la réalité du moment ». Aussi a-t-il su  aller à l’essentiel, mettre de côté le superflu, le sens stérile de l’annonce qui peuvent obstruer de la vision politique ; pour avancer vers le substrat, le concret, vers l’objectif politique dans le respect des textes que nous nous sommes donnés et surtout dans le respecte des populations que tout homme politique aspire à diriger.

Reconverti en commentateur sportif sur une chaine cryptée française, l’ancien international Français Marcel DESSAÏ disait de notre compatriote Didier DROGBA il est « toujours dans le sens du but » car il a la rage de marquer le but adverse à tout prix.

Or en politique, dans ce pays nous avons mieux que ce que Didier DROGBA représente dans le monde du foot. Nous avons LAURENT GBAGBO un attaquant de point de la politique mondiale contemporaine qui a toujours en tête le bonheur et la dignité de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Pour cela il l’affirme sans crainte  quelque soi les difficultés et les embuches qui se dressent sur son chemin : « moi, je sais avancer ».

 

Une analyse de DJAH MICHEL DESIRE

(Juriste, Militant du PPA-CI SG de section SOGEFIHA Municipalité (fédération Yopougon), directeur de cabinet du Secrétaire National du PPA-CI Chargé de la Mobilisation de Mouvements Politiques Alliés : AGENOR YOUAN BI)

 

 

 

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