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Le premier secrétariat Général du PPA-CI s’est tenu ce lundi 22 novembre, à 11 heures dans les bureaux du Président Laurent Gbagbo (ex-QG de Campagne à Cocody Attoban). Cette rencontre était présidée par le Président Laurent Gbagbo, Président du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire qui avait à ses côtés, le Professeur Hubert Oulaye, Président Exécutif du PPA-CI et Damana Adia Pickass, Secrétaire général du PPA-CI.

Ci-dessous l’𝑨𝒅𝒓𝒆𝒔𝒔𝒆 𝒊𝒏𝒕𝒆́𝒈𝒓𝒂𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝑺𝒐𝒏 𝑬𝒙𝒄𝒆𝒍𝒍𝒆𝒏𝒄𝒆, 𝒍𝒆 𝑷𝒓𝒆́𝒔𝒊𝒅𝒆𝒏𝒕 𝑳𝒂𝒖𝒓𝒆𝒏𝒕 𝑮𝒃𝒂𝒈𝒃𝒐, 𝑷𝒓𝒆́𝒔𝒊𝒅𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒖 𝑷𝑷𝑨-𝑪𝑰

Je vous remercie tous d’être venus, vous qui êtes à l’intérieur ainsi que ceux qui sont à dehors que j’ai été salué avant d’entrer dans la salle.
Je vous remercie tous d’être là.
Vous savez qu’avec les nouveaux statuts, ce n’est pas moi qui préside les réunions du Secrétariat Général. Enfin, je le peux quand j’en ai le temps et l’opportunité, mais pour cette réunion ci qui est la première où les gens viennent d’être nommés, j’ai souhaité la présider, pour qu’on se voie ensemble et qu’on se mette immédiatement au travail.
Le principal message que je vais lancer c’est de se mettre immédiatement au travail.
Nous sommes ce que nous sommes et c’est pourquoi nous sommes rassemblés depuis longtemps dans ce qu’on a appelé jadis l’opposition, puis nous sommes arrivés au pouvoir, puis aujourd’hui dans l’opposition. Nous sommes nous, protestataires, souvent mécontents, mais nous avançons. Nous travaillons quand même et il nous faut reprendre nos bonnes habitudes. Il faut reprendre l’habitude de travailler.
Je vous engage à travailler. Un parti qui n’existe pas sur le terrain n’est pas un parti. Moi, quand je suis revenu ici, le 17 juin 2021, mais avant même de venir, quand je suis sorti de Scheveningen et que j’étais à Bruxelles, j’observais la vie politique en Côte d’Ivoire et la vie de notre parti. La chose qui m’a le plus frappé c’était que nous étions un peu immobiles. Il y avait des camarades qui étaient inamovibles dans des fiefs au royaume. Et donc, la plupart des gens passaient à côté de nous pour aller là où ils voyaient du dynamisme, là où ils voyaient de la vie parce qu’on n’entre pas dans un parti où il n’y a pas de vie. On n’est pas attirés par ce qui n’a pas de vie. Pour qu’un parti attire, il faut qu’il donne la vie, car c’est la vie qui appelle les êtres humains. La vie peut comporter des pleurs et des rires mais c’est la vie. On peut subir des défaites ou engranger des victoires mais c’est la vie.
Ayant observé cela, j’ai décidé qu’il fallait mettre la vie. C’est à dire, promouvoir des jeunes. Et sur ce point, nous avons réussi à mettre à peu près 75% de jeunes dans les organes que nous avons constitués. Mettre les jeunes ne signifie pas la mort des vieux. Mettre les nouveaux ne signifie pas la mort des anciens.
Moi je suis un ancien, je suis là, Assoa Adou est là, lui je l’ai rencontré aux environs des années 1966 à l’Université dans les mouvements militants. Nous, nous sommes rencontrés et nous sommes encore entrain de militer, entrain de lutter. Nous sommes donc des vieux et des anciens.
Mais l’arrivée des jeunes ne nous fait pas peur, au contraire c’est ce que nous souhaitons parce qu’un parti politique où il n’y a pas un mouvement ininterrompu de jeunes gens qui viennent ne signifie rien.
Mais vous les jeunes à qui on fait la place, il ne faut pas penser qu’occuper un poste, c’est la fin de tout. Ah non ! Occuper un poste, c’est le commencement. C’est-à-dire, c’est à partir de ce moment qu’il va falloir commencer votre carrière. Une carrière politique ne s’emprunte pas. On ne compte pas sur quelqu’un pour forger sa carrière politique, c’est soi-même qui forge sa carrière politique. Si tu vas à des élections a Ouragahio chez moi et que tu es battu une fois, une deuxième fois, pour la 3ème élection, le parti va présenter un autre candidat, ce ne sera plus toi parce que les partis veulent gagner. Il n’y a pas un parti qui veut perdre. Le parti cherche des gagnants donc dès l’instant qu’on vous a mis le pied à l’étrier, ou on vous a mis à un poste, c’est à vous de construire votre carrière. Si vous gagnez, vous êtes l’enfant chéri du parti, si vous ne gagnez pas, vous n’est pas l’enfant chéri du parti. C’est ça. Donc les jeunes gens, on ne vous a pas mis là pour occuper des postes, on vous a mis là pour travailler. En travaillant, vous construisez votre carrière et celui du parti qui vous a mis là.
Je voulais dire ça d’abord sur les jeunes !
Maintenant les femmes !
On n’a pas assez de femmes dans le Parti mais pourquoi ? Il faut qu’on se demande pourquoi ? Est ce qu’une politique est mise en œuvre pour attirer les femmes vers nous ? Il faut attirer les femmes vers nous. Il faut attirer les femmes vers nous. Mais je vois mon ami, Emmanuel Monnet, qui fait ça ? Ce n’est pas pour ce que tu penses (rires) mais pour le travail. Il y a des choses que des femmes peuvent faire que les hommes ne peuvent pas faire. Les femmes et les hommes sont égaux en droit. Mais il y a des activités que les femmes font et que les hommes ne font pas.
Maintenant, il y a de l’eau courante dans mon village parce que quand je suis devenu Président qu’on a mis l’électricité dans ma maison, j’ai dit de mettre de l’eau courante dans tout le village et tous les villages de la région. C’est pourquoi tous les villages de Gagnoa sont électrifiés. On a mis aussi de l’eau et les femmes dans le village ne vont plus à la source. Mais regardez un peu la vie d’une femme dans un village moyen. Je prends l’exemple de chez moi, au village. La femme se lève le matin, elle fait le petit-déjeuner qu’elle met à côté pour que quand monsieur et les enfants se lèvent, ils puissent déjeuner. Pendant qu’eux déjeunent, elle va à la source avec soit le canari ou la cuvette. Je parle de l’observation que j’ai faite quand j’étais élève et étudiant parce que ma mère était une de celle là que je voyais.
Donc, la femme fait le petit-déjeuner, chauffe de l’eau qu’elle laisse là, pour que Monsieur puisse se laver et quand tout cela est fait, elle va à la source. Quand elle a fini, elle s’en va à la rizière, parce qu’il faut aller tôt pour que les oiseaux ne s’installent pas sur le riz, et elle récolte le riz. C’est après que le mari, après avoir traîné au village, va dans la plantation de caféier pour nettoyer. Après, il trouve madame dans la rizière où elle va lui faire à manger. Et après, il la quitte vers 16 heures et il se rend au palmier où l’attendent ses copains. Le palmier c’est comme au Maquis, ils prennent le canari de vin de palme, ils boivent bien, ils racontent leur vie et ils apportent le peu qu’ils ont épargné. Mais quand la femme arrive la nuit, ce n’est pas terminé pour elle, elle va faire à manger pour que son mari et les enfants mangent.
Et ça, j’étais assis là, quand j’étais petit et j’observais. Nous, on n’était pas les gens du village et quand on allait au village, papa habitait chez un de ses cousins qui avait trois femmes, papa en avait deux, et on les regardait. Moi j’observais en tout cas.
Les femmes faisaient le grand repas, même celles qui n’étaient pas de corvée parce qu’il y a celle chez qui le mari dort qui est de corvée pour le grand repas de la cour. Même celles qui n’étaient pas de corvée préparaient aussi parce qu’elles ont des enfants.
Pr Dedi Sery, si je me trompe, corrige-moi parce que nous sommes du même coin. On voit nos sœurs et nos mamans agir.
Et tu trouves les femmes entrain de se laver la nuit, elles sont éreintées, fatiguées de toute cette longue journée et après quand chaque enfant a mangé et s’est lavé, c’est à ce moment qu’elle va aller se coucher.
Donc c’est une vie particulière que les femmes ont dans nos sociétés. Et il n’est pas sûr quand elles viennent à Abidjan, pour habiter Yopougon, Abobo-gare, Treichville, Koumassi que ça change en volume de travail.
C’ est pourquoi les femmes, quand elles décident de rejoindre un parti pour militer, c’est un plus pour ce parti. Parce qu’il faut qu’elles viennent. Si nous voulons réellement être un parti de gauche, libérateur, il ne faut pas qu’on libère ceux déjà libérés et qui contraignent d’autres à une vie semi-esclavagiste. Il faut que nous les attirions vers nous, pour que nous puissions trouver ensemble les moyens de leur libération, qui est aussi notre libération. Donc, il faut faire attention aux problèmes des femmes. Ce n’est pas pour rien que Yopougon est rempli. En tout cas, nous qui venons de l’ouest, Yopougon est rempli des femmes de l’ouest parce qu’elles sont fatiguées. Elles fuient le village pour venir rester à Abidjan. Elles fuient. Donc, concernant les femmes il faut que le parti fasse attention et ne les néglige pas. Il faut que le parti ne les néglige pas. Il faut que le parti ouvre les yeux et travaille avec elle pour la société. Parce que quand les femmes sont libérées, c’est toute la société qui gagne. Quand on met de l’eau courante dans un village, ce qui enlève la moitié des corvées dans un village, c’est tout le village qui est heureux. Toi l’homme aussi, tu es heureux. C’est pour quoi il y a des points du combat dont il nous faut parler. Quand on dit il faut mettre l’eau courante, c’est pour libérer les femmes et la société toute entière. Parce que si elle est libre pour ça, elle peut consacrer son temps à autre chose. Il faut les mettre à l’école, là aussi il faut un programme. A Mama, quand je partais à l’école, je comptais le nombre de garçons et de femmes mais c’est littéralement bas. Nous maintenant, la première année où j’ai été élu Président, l’école était remplie alors qu’avant les gens ne voulaient pas mettre les enfants à l’école. Et quand je suis devenu Président les gens ont compris. On a donc ouvert une autre école à Mama et une autre école à côté. On a multiplié les écoles mais on n’a pas multiplié les filles.
Voilà, il faut lutter pour que les jeunes montent et lutter pour que les femmes augmentent dans le parti. Ce n’est pas encore solide. Pour les jeunes, on a fait des choses jusque là. Mais pour les femmes, on n’a même pas de nom. Donc on ne peut pas nommer des personnes qui ne sont pas avec nous. Il faut travailler à ça. Il faut reprendre nos anciennes mesures, au moins 30% de femmes dans chaque structure du Parti. Un jour, quand j’étais Président, dans une ville, il y avait une élection municipale que nous étions sûr de gagner, et j’ai dit à notre camarade qui était candidat, il faut mettre comme première adjointe, une femme, ça va donner un bon signal. Il dit : « Ah toi aussi, entre nous on lutte ici et toi tu viens nous parler de femmes. » On en ait encore là, si dans ce parti ci, on fait encore des réflexions comme ça, et dans la société entière ?
Donc voilà, ce que je voulais dire sur le fond. Ce que j’envisage. Les horizons nouveaux, promouvoir les femmes, promouvoir les jeunes, voilà les horizons nouveaux. Et les anciens ont des tâches d’encadrement. Alors on a fait ce travail, on dit il y a beaucoup de bruits. Des gens sont mécontents. Moi, Depuis 1988 que je forme les directions, parce que le premier congrès dans la brousse de Dabou, c’était en 1988 et c’est là que j’ai été élevé pour la première fois à la tête du FPI. Le secrétariat général comportait 7 personnes. Au congrès à l’Hôtel Ivoire de 1990, on a sorti un Secrétariat général de 7 personnes et un comité central de 60 personnes. Il y a eu beaucoup de gens qui ont grogné mais je suis habitué. On ne peut pas nommer des gens sans que d’autres ne se plaignent. Moi je n’ai pas encore vu ça. Donc je suis habitué. Il faut continuer à avancer. Il y a des erreurs qui se commettent souvent quand on nomme des gens. Il y a des erreurs mais dire qu’on a commis une erreur, ça veut dire qu’on est prêt à la corriger. On avance, on marche et c’est dans la marche que l’erreur se révèle être une erreur. Si tu viens me dire, tu as nommé à Tougbô un tel, tu aurais dû nommer un autre, Je lui dirai : « voici mon objectif, au mois que les gens de tougbô votent pour nous. » Donc on marche, si les élections arrivent et que les gens de tougbô votent en deçà, on se dit on a fait une erreur. Mais s’ils votent pour moi à 90%, mais pourquoi je vais le changer ? L’erreur, ça se démontre, l’erreur se démontre dans l’action. Ce n’est pas le sentiment de celui qui n’a pas été nommé qui va corriger une erreur. On appelle ça le mécontentement mais l’erreur c’est que l’objectif politique n’est pas atteint. Donc travaillons.
Toutes les erreurs, je suis prêt à les corriger.
Donc qu’on me montre les erreurs sur le terrain. Tous ceux qui ont des reproches à faire sur les nominations, venez voir le Président Exécutif, il va discuter avec vous. Mais je ne l’ai jamais fait et je ne l’ai pas fait cette fois-ci. Je ne me suis jamais enfermé dans ma chambre pour écrire des noms, jamais, jamais, surtout que j’étais absent pendant 10 ans. Donc j’appelle toujours les camarades pour qu’on échange, quelques fois ça gbangban un peu mais quand on s’est mis d’accord, moi j’écris et c’est ça. Mais malgré ça, il y a des erreurs et je suis prêt à les corriger.
Après cette réunion, allez travailler. Aller sur le terrain, allez implanter le parti. Courez ! Implantez le parti, ça et là. Allez travailler ! Et puis, les erreurs se verront mieux pendant le travail. Donc il fait faire ça.
Camarade Président Exécutif, tiens toi à l’écoute de tous les camarades, parce que ceux qui se plaignent aussi, c’est parce qu’ils ont envie d’apporter leurs contributions et de lutter aussi. Et on est toujours obligé. Là, j’ai nommé à peu près 500 personnes. Entre le CSP et toutes les structures, on a nommé à peu près 500 personnes. On ne peut pas nommer une telle masse d’hommes, sans la moindre erreur mais il fait travailler. Ceux qui ont été nommés et ceux qui n’ont pas été nommés, travaillez parce que les tâches nombreuses vous attendent. On va corriger les erreurs dans la masse. On ne peut pas arrêter la machine.
Camarades, au travail ! Dès qu’on sort de cette salle, au travail, prenez vos tâches. Au travail ! Partout où vous êtes, au travail !
Moi je m’occuperais d’autres problèmes. Les détenus j’ai commencé. Koua Justin est là ? Lui il fait partie de ceux qui ont été libérés mais ce n’est pas suffisant. La liberté, elle est une donnée essentielle pour le développement. Elle est une donnée essentielle. La liberté, la culture, les gens ont l’impression que ce sont des mots théoriques. Tu prends un homme, tu l’attaches autour d’un cacaoyer, il ne travaillera pas parce qu’il est attaché. Mais quand il est libre, il travaillera énormément. Koua Justin est libre, c’est bien mais ce n’est pas assez. Et les prisonniers militaires ? Pourquoi il y a les prisonniers militaires dans notre pays aujourd’hui ? Dix ans après la crise ? Pourquoi ? Je ne peux pas accepter ça. Je n’accepte pas ce que je ne comprends pas .Or ça je ne comprends pas. Je suis venu, j’ai plaidé, on ne m’a pas assez entendus. Je vais continuer à plaider jusqu’à ce qu’on m’entende. Parce que si nous continuons sur cette lancée, on n’aura plus d’armée. Parce qu’un militaire est fait pour obéir aux ordres de la hiérarchie qui est civil et politique. Que les militaires se mettent à la disposition du civil politique, ça c’est depuis l’antiquité et c’est cette règle qui prévaut. Donc le militaire qui est là, qui répond aux ordres du civil, tu arrêtes le civil, mais ça suffit. Mais tu arrêtes le militaire dont le rôle est d’obéir, ça ne signifie plus rien. Tu libères le civil et le militaire reste là-bas, pourquoi ? C’est pourquoi, il faut que le droit soit clairement connu par ceux qui doivent gouverner. Et ceux qui doivent gouverner doivent savoir comment est ce que l’application du droit peut impacter la vie de citoyens. Moi je suis militaire, on m’a donné l’ordre de barrer la ville d’adzopé pour empêcher les rebelles, je fais ça et on m’arrête. Mais pourquoi vous m’arrêtez ? On m’a donné un ordre, j’ai obéi. Allez arrêter celui qui m’a donné l’ordre. Mais vous, vous l’arrêtez, il est libéré et mois je suis en prison. On n’aura plus d’armées si on continue comme ça. Cela n’est pas une bonne chose pour l’Etat de Côte d’Ivoire. Il nous faut donc travailler à ça.
Monsieur le Président, M. Le Secrétaire Général, voilà ce que je voulais vous dire et vous souhaiter Bon travail. Je vous souhaite un très bon travail, un long travail, faites mentir ceux qui disent qu’on a eu tort de vous nommer en travaillant.
Mettons nous au travail, surtout au travail, surtout au travail, au travail. Pour ce qui concerne les erreurs, on va les corriger. Mais c’est en marchant qu’on va corriger les erreurs. C’est pendant la marche qu’on se rendra compte que la chaussure qu’on a portée nous serre.
Le Président Exécutif se tient à vos dispositions !
Je vous souhaite bonne journée, bonne semaine, bon travail, la séance est levée.

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