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En Côte d’Ivoire, le procureur de la République a remis le rapport d’activité de l’unité spéciale d’enquête sur les évènements survenus à l’occasion de l’élection du président de la République du 31 octobre 2020, à la presse nationale et internationale, ce lundi 27 décembre, à la salle des Pas perdus du tribunal de première instance du plateau.

Pour planter le décor, Adou Richard a fait visionner le film « Devoir de mémoire » à ses hôtes. Histoire de leur présenter des preuves des atrocités et des dégâts matériels occasionnés par la désobéissance civile. Répondant aux questions des journalistes, il a précisé qu’aucun des commanditaires de ces événements n’échappera à la rigueur de la loi.

Henri Konan Bédié, le président du parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et chef de fil de la coalition des partis de l’opposition, qui a ardemment appelé la population ivoirienne à se mobiliser pour des manifestations sur l’ensemble du territoire, semble être dans de beaux draps. Son statut d’ancien président de la République ne pourra lui épargner de comparaître devant les tribunaux. ‹‹Tous ceux qui ont commandité, qui ont incité, qui ont financé cette désobéissance civile qui a entraîné des drames que nous sommes tous en train de déplorer ne sont pas exemptes de poursuites. C’est vrai qu’il existe une loi, celle de 2005 relative aux anciens présidents de la République, anciens présidents d’institutions et anciens ministres. L’article 54 de cette loi dit bien que toutes les infractions commises par ces personnalités en période électorale échappent à la procédure spéciale. Cela veut dire que pour toutes les infractions qui sont commises en période électorale, il n’y a pas de procédures particulières et ces personnes sont justiciables comme tout individu››, a expliqué le magistrat hors hiérarchie.

En outre, Adou Richard a indiqué qu’après le travail des enquêteurs de la police et de la gendarmerie mené sous sa supervision, 3 juges d’instruction ont été saisis. ‹‹Ces derniers poursuivent leur information judiciaire. C’est à la fin qu’on saura quelles sont les personnes ayant été retenues comme devant comparaître à l’audience pour répondre des faits.››

Les violences électorales ont fait officiellement 85 morts et près de 500 blessés dans le pays, entre août et novembre 2020. À ce jour, 233 personnes impliquées à divers degrés dans la commission de ces infractions graves ont été interpellées dans plusieurs localités du pays et 40 autres personnes ayant été formellement identifiées sont activement pour avoir participé à ces événements. La grande majorité de ces personnes à bénéficié d’une mise en liberté provisoire ou a été placée sous contrôle judiciaire. Il y a lieu de préciser que seuls 11 inculpés sont toujours détenus préventivement. Il s’agit notamment des personnes présumées avoir commis des crimes crapuleux comme décapitation du jeune N’Guessan Koffi Toussaint à Daoukro, le meurtre de l’adjudant Sanogo Seydou, atteint par balle à la tête, ainsi que des auteurs présumés des meurtres perpétrés à Dabou.

Avec Stéphane Beti

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