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La Côte-d’Ivoire devrait être principalement touchée par les canaux indirects de la hausse des prix des carburants et des produits de base. Le conflit exacerbe la forte hausse récente des prix mondiaux de l’énergie et du Blé, ainsi que d’autres céréales.

S’ajoutant aux préoccupations de sécurité régionale, cette situation pourrait exercer une forte pression sur l’inflation, la hausse des prix du transport pouvant affecter les coûts de production dans tous les secteurs si elle persiste.

Les pauvres seront les plus vulnérables, la hausse des prix affectant les progrès récents en matière de sécurité alimentaire. Des estimations préliminaires utilisant 14 pays d’ASS sur la période 1993-2016 indiquent que le déficit alimentaire sur-réagit aux augmentations des prix des aliments et de l’énergie, avec des élasticités d’environ 2 et 3,3% respectivement.
Les canaux directs sont plus contenus mais pourraient avoir un impact sur la balance extérieure et exercer une pression sur la viabilité de la dette.

Les importations/ exportations de Russie sont toutes deux inférieures à 1% du total, mais les importations de blé, de céréales et d’autres produits liés à la farine représentent environ 23% de importations alimentaires de la Côte-d’Ivoire et 11,6% des importations totales. La hausse du coût des importations pourrait détériorer davantage la balance commerciale et accroître les besoins de financement extérieur.

En fonction de la réponse de la politique budgétaire ( transfert, subvention aux services publics), les besoins de financement budgétaire pourraient également augmenter. Dans les deux cas, à un moment où l’on prévoit un resserrement de la politique extérieure de la Côte-d’Ivoire augmenteraient.

Au 1er Mars 2022, les écarts de taux des euro-obligations de la Côte-d’Ivoire ont augmenté pour dépasser 7% sur différentes échéances, ce qui est proche des niveaux observés en mai 2020. Les risques de refinancement pourraient accroître la vulnérabilité de la dette.
Le gouvernement a pris des mesures temporaires pour limiter les de la crise sur les prix des denrées alimentaires de base. Il s’agit notamment de la suppression des droits de douane sur les importations du Blé et de l’élargissement du champ des produits de base subventionnés ( le riz, le sucre, la tomate concentrée, le lait, les pâtes alimentaires, l’huile de palme raffinée, la viande de bœuf).

La réponse budgétaire pourrait contraindre la composition des dépenses publiques au prix d’une allocation moindre aux secteurs porteurs de croissance.

Si l’ampleur de l’impact négatif est élevée, le gouvernement pourrait réorienter ses dépenses vers les transferts et les dépenses sociales au détriment des investissements publics, ce qui entraînerait des retards dans l’exécution des nombreux projets d’infrastructures en cours et affecter leur inefficacité. Cela pourrait à son tour retarder les objectifs de croissance et de réduction de la pauvreté tels que définis dans le PND.

Source : Analyse des services de la Banque Mondiale.

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