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Après le lancement officiel de l’émission dénommée « La Tribune du PPA-CI », le Vendredi 10 juin dernier, au siège du Parti des Peuples Africains- Côte-d’Ivoire, à Abidjan, le porte-parole du Président Laurent Gbagbo et par ailleurs deuxième Vice-président du CSP était face aux journalistes nationaux et internationaux pour livrer le message.

En effet, le Jeudi 23 juin, le Ministre Justin Katinan Koné, Porte-parole du PPA-CI, était à nouveau l’invité principal pour le second numéro de la « Tribune du PPA-CI ».

Pour l’occasion, le siège de la plateforme politique  EDS, sis à Abidjan- Riviera Anono a servi de cadre pour divulguer le message du PPA-CI.

A cette
 importante tribune politico- médiatique, le Ministre Justin Katinan Koné a donné  la position officielle du PPA-CI sur différents sujets qui alimentent l’actualité socio-politique ivoirienne :

𝟭- 𝗣𝗡𝗗 𝟮𝟬𝟮𝟭 – 𝟮𝟬𝟮𝟱
𝟮- 𝗟𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗼𝘀 𝗱𝗲 𝗞𝗞𝗕 𝗿𝗲𝗹𝗮𝘁𝗶𝗳𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝗽𝗿𝗶𝘀𝗼𝗻𝗻𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀
𝟯- 𝗟𝗲𝘀 𝗶𝗻𝗼𝗻𝗱𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗮̀ 𝗔𝗯𝗶𝗱𝗷𝗮𝗻

Rappelons que l’émission s’inscrit  dans le cadre de la politique de la communication du PPA-CI. Ci-dessus l’intégralité des propos liminaires du porte-parole du Président Laurent Gbagbo.

Chers amis de la presse,

Je voudrais, au nom du PPA-CI, vous souhaiter la bienvenue à cette deuxième Edition de la tribune de notre parti. Je voudrais aussi vous remercier pour le traitement attentif que vous avez accordé à la première édition ; et vous avez pu constater que les lignes ont bougé dans le bon sens depuis la dernière fois. Ce schéma cadre parfaitement avec l’idée que nous nous faisons de l’exercice de la politique en démocratie. Les gouvernants gouvernent, les opposants s’opposent et la presse relaie les informations des deux camps permettant ainsi l’instauration d’un débat démocratique constant qui profite au peuple et l’oriente dans ses choix et ses aspirations politiques.

Le PPA-CI voudrait donc vous remercier de faire votre travail car le président de notre parti, son Excellence le président Gbagbo, s’est distingué aussi par son combat en faveur de la liberté de la presse et, surtout, de la dépénalisation du délit de presse.

La présente tribune se tient quelques jours seulement après l’an 1 du retour du Président Laurent GBAGBO. En effet le 17 juin dernier marquait le premier anniversaire du retour, en Côte d’Ivoire, du président Laurent Gbagbo après avoir remporté son procès à la Cour Pénale Internationale.
Vous conviendrez avec nous que ce retour a largement contribué à la décrispation du climat politique dans notre pays. Et pourtant, pendant de nombreuses années, que ce soit à la CPI ou en Côte d’Ivoire, le Bureau du procureur et le pouvoir, directement ou par supplétifs interposés, ont tenté de faire croire qu’une libération du président Laurent Gbagbo serait source de désordre et d’affrontements intercommunautaires dans le pays. Cet argument a d’ailleurs justifié le rejet de toutes les demandes de liberté provisoire introduites par ses avocats pendant toute la durée du procès. Vous pouvez donc observer avec nous que pendant des années, on a menti à l’opinion nationale et internationale pour entraver la liberté d’un homme de paix de la trempe du prédisent Laurent Gbagbo.
Depuis son retour en Côte d’Ivoire le 17 juin 2021, une nouvelle espérance pour notre pays est née : progressivement, grâce à sa capacité à tendre la main et à privilégier le dialogue politique, tout le monde peut tout se rendre compte d’une décrispation de l’environnement politique.

Le PPA-CI se félicite de l’importance que la presse, y compris la presse étrangère, a accordée à cet anniversaire. En témoignent les nombreux articles ou dépêches qui ont été écrits sur ce sujet. Malgré quelques nuances habituelles de quelques médias, l’on peut néanmoins relever que l’unanimité s’est dégagée, à juste titre d’ailleurs, sur le fait que le retour en Côte d’Ivoire du président Laurent Gbagbo donne un coup d’accélérateur au processus de réconciliation nationale entre les filles et les fils de notre pays. D’ailleurs, l’enthousiasme des populations pour adhérer au PPA-CI atteste de ce que le président de notre parti est porteur d’espoir pour les ivoiriens et les ivoiriennes. C’est pourquoi, pour ne pas décevoir cette grande attente de nos compatriotes, nous voulons jouer pleinement notre rôle d’opposant en gardant la vigilance haute sur la gouvernance du pouvoir. D’où l’importance de la tribune du PPA-CI.

Pour la présente édition, nous allons aborder ensemble les thématiques suivantes :

1- La table ronde sur le financement du PND 2021-2025.
2- Les propos du ministre Kouadio Konan Bertin arguant qu’il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire.
3- Les éboulements et les inondations ayant entrainé des pertes en vie humaine.
4- La fin du statut d’exilé aux ivoiriens vivant en exil.

𝟭- 𝗟𝗘 𝗙𝗜𝗡𝗔𝗡𝗖𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗗𝗨 𝗣𝗡𝗗 𝟮𝟬𝟮𝟭-𝟮𝟬𝟮𝟱

Le gouvernement vient d’organiser une table ronde des bailleurs de fonds à l’effet de mobiliser les ressources pour le financement du PND 2021-2025. Le montant annoncé comme nécessaire au financement de ce programme s’élève à 59.000 milliards de Francs CFA.

Les sources de financement identifiés sont :

– 21.000 milliards de financement public
– 45% à rechercher auprès des bailleurs de fonds, soit 26.550 milliards.
– 11.450 milliards auprès des multilatéraux ou investisseurs non traditionnels.

Il convient de préciser que ce programme est exclusivement dédié aux investissements dans les 11 thématiques sectorielles dégagées par le gouvernement.

Pour le PPA-CI, le mode et la hauteur du financement prennent à défaut les prévisions du stock de la dette tel que projeté par le gouvernement. En d’autres termes, tout dans ce plan repose sur la dette. La quasi-totalité des rubriques de financement de ce programme fait appel à un emprunt massif. Analysons ensemble chacune des rubriques de financement.

• 𝗟𝗲 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰 : 𝟮𝟭.𝟬𝟬𝟬 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗮𝗿𝗱𝘀

Ce financement est supposé être l’effort du gouvernement pour la mobilisation des ressources propres (ressources publiques) pour financer le programme. Le gouvernement s’engage donc à mobiliser 4.200 milliards, en moyenne, par an. Or, pour la seule année 2022, le gouvernement a prévu de mobiliser 1.365 milliards de ressources propres sur les 2804,7 milliards inscrits au titre des investissements. Déjà l’Etat aura recours aux emprunts à hauteur de 1.439 milliards pour combler le gap.

• 𝗥𝗲𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗮𝘂 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲́ 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗶𝗲𝗿 : 𝟮𝟲.𝟱𝟱𝟬 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗮𝗿𝗱𝘀

Pour les besoins de financement de son programme, le gouvernement entend engager une offensive sur le marché financier pour mobiliser auprès des bailleurs de fonds privés 26.550 milliards de FCFA ; soit une moyenne annuelle d’endettement sur le marché de 5.310 milliards. Ce recours au marché financier vient, non seulement alourdir l’encours global de la dette, mais également augmente la part de la dette privée dans le volume global de la dette de la Côte d’Ivoire. Le service de la dette qui en résultera mécaniquement aura un impact négatif important sur le budget au dépend des services sociaux.

• 𝗥𝗲𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗮𝘂 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝘂𝗹𝘁𝗶𝗹𝗮𝘁𝗲́𝗿𝗮𝘂𝘅 𝗼𝘂 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗶𝗻𝘃𝗲𝘀𝘁𝗶𝘀𝘀𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗻𝗼𝗻 𝘁𝗿𝗮𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹𝘀 𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀 𝟭𝟭.𝟰𝟱𝟬 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗮𝗿𝗱𝘀.

Il s’agit des institutions financières internationales ou régionales ou des Fonds d’investissements qui se sont engagées à accompagner le gouvernement ivoirien dans son PND 2021-2025. Ceux-ci ont exprimé leurs intentions lors de la table-ronde du groupe consultatif le 17 Juin dernier. Le montant global attendu de ce groupe est de 11.450 milliards soit une moyenne annuelle de 2.290 milliards d’emprunts. Car il ne faut surtout pas se tromper, les différents engagements de groupe ne sont pas des libéralités envers notre pays.

Au total, tout le programme du gouvernement repose exclusivement sur l’endettement. Dans ces conditions, les projections des encours de la dette du gouvernement de 2024, estimée à 22.478,5 sont intenables. Le gouvernement fait sciemment de fausses projections de l’encours de la dette juste pour respecter, en théorie, les ratios en la matière. C’est d’ailleurs pour la même raison que le gouvernement exclut du stock de la dette les dettes gérées dans le cadre du C2D français et le PCD espagnol qui obéissent plus ou moins aux mêmes règles. En effet, ces deux mécanismes d’allègement de la dette, dans le cadre du programme PPTE, n’opèrent pas une annulation automatique de la dette. Le débiteur doit d’abord s’acquitter de sa dette avant que celle-ci ne soit reconvertie par la suite en projets de financement. En 2021, l’intégration des ressources C2D a représenté 124,2 milliards. Dans ces conditions, le gouvernement a tort d’exclure le C2D de ses engagements. En incluant la dette traitée dans le cadre du C2D et PCD, l’encours global devrait être de 21.005,2 milliards au 31 décembre 2021 (54,7% du PIB) et non 20.250,1 (52,7%) comme l’annoncent les chiffres officiels.

Ce stock est déjà impressionnant eu égard aux capacités de mobilisations des recettes fiscales malgré les efforts déployés par les administrations financières de l’Etat. Mais le gouvernement, adepte de la politique de l’autruche, feint de ne point voir le danger qui est plus que latent. Incapable d’offrir d’autre alternative du développement, il est devenu addictif à l’endettement massif quitte à compromettre plusieurs générations futures. Dans la manifestation de son addiction à la dette, il applaudit les simples annonces d’emprunts même quand celles-ci restent invraisemblables. En effet, comment peut-on prendre au sérieux des annonces d’engagements financiers qui ne se rapportent pas à des projets structurels identifiés en avance.

En tout état de cause, le PPA-CI condamne la boulimie d’endettement du gouvernement ivoirien. C’est pourquoi, en attendant une analyse approfondie de la dette afin d’en dégager des solutions sectorielles, notre parti propose d’ors et déjà:

– 𝗨𝗻 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿 𝘃𝗲𝗿𝘀 𝘀𝗮 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗯𝘂𝗱𝗴𝗲́𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗱𝗲́𝗷𝗮̀ 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝘀𝗮 𝗽𝗿𝗲𝘂𝘃𝗲. 𝗜𝗹 𝘀’𝗮𝗴𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗶𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗯𝘂𝗱𝗴𝗲𝘁 𝘀𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘀𝗲́. 𝗜𝗹 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮̀ 𝘃𝗶𝘃𝗿𝗲 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗻𝗼𝘀 𝗺𝗼𝘆𝗲𝗻𝘀. 𝗜𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗲́𝘁𝗮𝗯𝗹𝗶𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗯𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗰𝗼𝗿𝗿𝗲́𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗿𝗲𝘀𝘀𝗼𝘂𝗿𝗰𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹’𝗘𝘁𝗮𝘁 𝗲𝘁 𝘀𝗲𝘀 𝗱𝗲́𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝘀. 𝗖𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗮 𝗹’𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁𝗮𝗴𝗲 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗼𝗻𝘀𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘀𝗲𝗿 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗳𝗼𝗶𝘀 𝗹𝗲 𝗴𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗹’𝗮𝗱𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗴𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗲́𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹’𝗘𝘁𝗮𝘁. 𝗟𝗲 𝗣𝗣𝗔-𝗖𝗜 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗯𝗶𝗲𝗻 𝗹𝗮 𝗿𝗶𝗴𝘂𝗲𝘂𝗿 𝗯𝘂𝗱𝗴𝗲́𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗮𝗱𝗼𝗽𝘁𝗲́𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗴𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗶𝘃𝗼𝗶𝗿𝗶𝗲𝗻 𝘀𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗮 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗱𝘂 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗕𝗔𝗚𝗕𝗢 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗽𝗲𝗿𝗺𝗶𝘀 𝗮̀ 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗺𝗮𝗹𝗴𝗿𝗲́ 𝗹𝗮 𝗿𝗲́𝗯𝗲𝗹𝗹𝗶𝗼𝗻 𝗾𝘂𝗶 𝗮𝘃𝗮𝗶𝘁 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗮𝗶𝗻𝗲́ 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗲𝗻 𝗱𝗲𝘂𝘅. 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗺𝗲̂𝗺𝗲 𝗿𝗶𝗴𝘂𝗲𝘂𝗿 𝗯𝘂𝗱𝗴𝗲́𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗽𝗲𝗿𝗺𝗶𝘀 𝗮𝘂 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗽𝗲𝗻𝗱𝗮𝗻𝘁 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗹𝗲 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗾𝘂’𝗼𝗻𝘁 𝗱𝘂𝗿𝗲́ 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗮𝘁𝗶𝘃𝗲𝘀 𝗱’𝗮𝘀𝗽𝗵𝘆𝘅𝗶𝗲 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗽𝗲𝗻𝗱𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗰𝗿𝗶𝘀𝗲 𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗼𝗿𝗮𝗹𝗲. 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗲́𝗴𝗮𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗿𝗶𝗴𝘂𝗲𝘂𝗿 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗽𝗲𝗿𝗺𝗶𝘀 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗖𝗼̂𝘁𝗲 𝗱’𝗜𝘃𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗯𝗲́𝗻𝗲́𝗳𝗶𝗰𝗶𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗹’𝗮𝗹𝗹𝗲̀𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝗮 𝗱𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗰𝗮𝗱𝗿𝗲 𝗱𝘂 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗮𝗺𝗺𝗲 𝗣𝗣𝗧𝗘 𝗶𝗻𝗶𝘁𝗶𝗲́ 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗕𝗔𝗚𝗕𝗢. 𝗠𝗮𝗹𝗵𝗲𝘂𝗿𝗲𝘂𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗰𝗲𝘀 𝗮𝗰𝗾𝘂𝗶𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗲́𝘁𝗲́ 𝗱𝗶𝗹𝗮𝗽𝗶𝗱𝗲́𝘀 𝗲𝗻 𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝗱𝗶𝘅 𝗮𝗻𝘀 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗿𝗲́𝗴𝗶𝗺𝗲 𝗮𝗰𝘁𝘂𝗲𝗹.

– 𝗨𝗻 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗮𝗰𝗰𝗿𝘂 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱’𝗲𝗻𝗱𝗲𝘁𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗘𝘁𝗮𝘁. 𝗟𝗲 𝗻𝗶𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗶𝘃𝗼𝗶𝗿𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲 𝗲𝘅𝗶𝗴𝗲 𝘂𝗻 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗿𝗲𝗻𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲́ 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝗿𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗯𝗲𝗮𝘂𝗰𝗼𝘂𝗽 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝘂𝗻 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗖𝗼𝘂𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗽𝘁𝗲𝘀 𝘀’𝗶𝗺𝗽𝗼𝘀𝗲. 𝗜𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗹’𝗮𝘃𝗶𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗖𝗼𝘂𝗿 𝘀𝗼𝗶𝘁 𝗿𝗲𝗾𝘂𝗶𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘁𝘁𝗲𝘀. 𝗖𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗖𝗼𝘂𝗿 𝗱𝗲𝘃𝗿𝗮 𝗲́𝗴𝗮𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝘂𝗻 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁 𝗼𝗯𝗷𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳, 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗯𝗮𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝘀𝗲𝗿𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝗲𝘀 𝗺𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲𝘀, 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗻𝗶𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗱𝗲 𝗹’𝗲𝗻𝗱𝗲𝘁𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝘆𝘀. 𝗖𝗲 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗼𝗻𝗶𝗯𝗹𝗲 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗳𝗼𝗶𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗲𝗻𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝗱𝗲́𝘃𝗲𝗹𝗼𝗽𝗽𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁. 𝗖𝗲𝘂𝘅-𝗰𝗶 𝘀𝗮𝘂𝗿𝗼𝗻𝘁, 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗯𝗮𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘀 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁𝘀, 𝗮̀ 𝗾𝘂𝗼𝗶 𝘀’𝗲𝗻 𝘁𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗶𝗹𝘀 𝘃𝗲𝘂𝗹𝗲𝗻𝘁 𝘀’𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗼𝗽𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱’𝗲𝗺𝗽𝗿𝘂𝗻𝘁 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗲 𝗴𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁. 𝗟𝗮 𝗖𝗼𝘂𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗖𝗼𝗺𝗽𝘁𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝗷𝗼𝘂𝗲𝗿 𝗰𝗲 𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝗱’𝗮𝗹𝗲𝗿𝘁𝗲.

Le PPA-CI pourrait également demander à ses députés d’introduire auprès de l’assemblée nationale qu’une requête à l’effet d’entendre le ministre de l’économie et des finances sur la dette ivoirienne parce que le volume de l’endettement compromet dangereusement le président et l’avenir de notre nation.

Toutes les prestations payantes que le gouvernement impose à nos compatriotes, notamment les péages chers sur nos routes, ne visent qu’une seule chose : rembourser l’énorme dette contractée par le gouvernement.

Par ailleurs, le PPA-CI exige que le bilan du dernier PND (2018-2021) soit établi afin d’en vérifier l’impact en terme d’amélioration de la vie des ivoiriens. Parce qu’il est incompréhensible que la paupérisation de la population s’aggrave malgré ses programmes, du reste, de développement très coûteux pour le peuple,

𝟮. 𝗟𝗘𝗦 𝗣𝗥𝗢𝗣𝗢𝗦 𝗗𝗨 𝗠𝗜𝗡𝗜𝗦𝗧𝗥𝗘 𝗞𝗢𝗨𝗔𝗗𝗜𝗢 𝗞𝗢𝗡𝗔𝗡 𝗕𝗘𝗥𝗧𝗜𝗡 𝗔𝗥𝗚𝗨𝗔𝗡𝗧 𝗤𝗨’𝗜𝗟 𝗡’𝗬𝗔 𝗣𝗔𝗦 𝗗𝗘 𝗣𝗥𝗜𝗦𝗢𝗡𝗡𝗜𝗘𝗥𝗦 𝗣𝗢𝗟𝗜𝗧𝗜𝗤𝗨𝗘𝗦 𝗘𝗡 𝗖𝗢̂𝗧𝗘 𝗗’𝗜𝗩𝗢𝗜𝗥𝗘

Le mardi 14 juin 2022, lors d’une interview diffusée sur la chaine de télévision française TV5 Monde, Monsieur Kouadio Konan Bertin, ministre de la Réconciliation nationale a déclaré et je cite : « Tous les prisonniers politiques sont sortis de prison. ». Le PPA-CI conteste véhément cette affirmation. Bien que fausse le parti se réjouit cependant qu’un membre du gouvernement avoue, enfin, à la face du monde, que ce régime a fait des prisonniers politiques. Pendant longtemps, cette réalité a été niée par le pouvoir.

Le PPA-CI fait remarquer que la notion de prisonnier politique est subjective. Les organisations de droits de l’Homme ont chacune sa définition du concept de prisonnier politique. Par exemple le Conseil de l’Europe utilise alternativement 5 critères pour cerner la notion de prisonnier politique. Ce sont :

– Une détention imposée en violation de l’une des garanties se rapportant notamment à la liberté de pensée, de conscience ou de religion, la liberté d’expression ou d’information.

– La détention a été imposée pour des raisons purement politiques sans rapport avec une infraction quelle qu’elle soit.

– Pour des raisons politiques, la durée et les conditions de détention sont manifestement disproportionnées par rapport à l’infraction dont la personne a été reconnue coupable.

– Pour des raisons politiques la personne est détenue dans des conditions discriminatoires par rapport aux autres prisonniers.

– Enfin, la détention est l’aboutissement d’une procédure qui était entachée d’irrégularité et que cela semble être lié aux motivations politiques des autorités.

Pour Amnesty International, est considéré comme prisonnier politique, une personne qui, pour des motifs politiques, s’est opposée en posant des actions, violentes ou non, au pouvoir en place dans son pays.

Human Rights Watch considère comme prisonnier politique, une personne détenue pour les opinions politiques ou pour leur participation à des activités politiques pacifiques.

En tout état de cause, le PPA-CI relève que personne n’a jamais été condamnée dans le monde avec comme chef d’accusation expressément libellé « opinion politique discordante ». En effet, Tous les prisonniers politiques connus dans le monde ont, de tout temps, été condamnés pour des motifs de droits communs. Par conséquent, notre parti estime que l’on ne saurait s’abriter derrière le fait que les personnes encore en prison soient condamnées ou poursuivies pour des infractions de droits communs, pour affirmer qu’elles ne sont pas des prisonniers politiques. Pour le PPA-CI, les prisonniers des différentes crises constituent des prisonniers politiques qu’ils soient civils ou militaires. C’est d’ailleurs parce qu’ils sont politiques que les auteurs présumés des crimes les plus graves qui sont du camp au pouvoir n’ont jamais été inquiétés. Au contraire ils ont été promus. La discrimination défavorable aux partisans du Président Laurent GBAGBO dans les poursuites diligentées contre les auteurs présumés des infractions des dernières crises politiques accrédite la thèse des motifs politiques desdites poursuites.

A ce jour, il existe encore dans les geôles de la république 104 prisonniers politiques dont 14 personnes jugées et condamnées et 90 prévenus (non encore jugés).

Il y’a quelques semaines, les épouses et les parents de certains de ces prisonniers avaient approché le Président Laurent GBAGBO afin qu’il les aide à avoir accès à leurs époux ou parents. En effet, le droit de visite leur avait été refusé.

Pendant ce temps, un communiqué du Garde des Sceaux, ministre de la justice, fait état de l’évasion d’un prisonnier, arrêté et condamné pour trafic de drogue. Ce dernier bénéficiait manifestement de privilèges exorbitants du régime de droit commun appliqué aux autres prisonniers. Un prisonnier qui a droit de commercer librement, en ville, hors de son lieu d’emprisonnement constitue tout de même un bel exemple de privilège exceptionnel Les conditions de cette évasion, en pleine révélation de « Abidjan Drug connexion », nous situent sur l’ampleur du pourrissement de l’appareil de l’Etat. Aucun secteur de l’Etat n’échappe à la défaillance morale et de gouvernance de l’Etat. Nous tenons donc à la disposition de la presse la liste des prisonniers politiques. Le PPA-CI continue de réclamer avec insistance la libération de tous les détenus et prisonniers politiques qui croupissent encore en prison suite aux crises politiques successives que notre pays a connu.

Le PPA-CI veut compter justement sur le ministre de la réconciliation nationale pour porter ce message qui est une condition importe sur le chemin de la paix et de la réconciliation nationale.

𝟯. 𝗟𝗘𝗦 𝗘́𝗕𝗢𝗨𝗟𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧𝗦 𝗘𝗧 𝗟𝗘𝗦 𝗜𝗡𝗢𝗡𝗗𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡𝗦 𝗔𝗬𝗔𝗡𝗧 𝗘𝗡𝗧𝗥𝗔𝗜𝗡𝗘́ 𝗗𝗘𝗦 𝗣𝗘𝗥𝗧𝗘𝗦 𝗘𝗡 𝗩𝗜𝗘 𝗛𝗨𝗠𝗔𝗜𝗡𝗘

Chaque année, depuis au moins 5 ans, la saison des pluies rime avec inondations assorties de morts d’homme et une très grande désolation parmi les populations abidjanaises. Pour la présente saison, l’on note déjà une douzaine de morts, dont plusieurs enfants, entre le 16 juin et le 21 juin du fait de la pluie.

Le PPA-CI s’incline devant la mémoire de tous ces morts, présente ses condoléances à toutes les familles endeuillées et exprime sa compassion à toutes celles et à toutes ceux qui ont été victimes, d’une façon ou d’une autre, de ces tragédies.

Pour le PPA-CI, la récurrence de ces inondations meurtrières procède de causes d’ordre structurel. Malheureusement, le gouvernement donne à ces catastrophes des réponses d’ordre conjoncturel qui s’avèrent inefficace malgré leurs coûts exorbitants pour les contribuables ivoiriens et expliquent également, en partie l’endettement massif du pays. Evidemment, le remède n’étant pas adapté au mal, celui-ci ne fait que s’empirer.

Dans une déclaration récente relative aux effondrements des immeubles en constructions ou déjà construits, le PPA-CI avait relevé, fort à propos, que ces effondrements avaient principalement une cause d’ordre structurel. Cette cause est l’engorgement de la ville d’Abidjan du fait de sa surpopulation. Les résultats du dernier RGPH confirment la thèse de notre parti. En effet, sur une population globale du pays estimée à 28 millions d’habitants, le district d’Abidjan seul compte plus de 6 millions d’habitants. En d’autres termes, environ 1 ivoirien sur 5 habite à Abidjan qui enregistre, par ailleurs, la plus forte densité de la population. Sur une moyenne nationale de 87hbts/Km2, la densité de la population dans le district d’Abidjan est de 2839hbts/Km2, soit plus de 32 fois la moyenne nationale. Abidjan concentre l’exclusivité des pôles d’intérêts économiques et sociaux du pays. Elle est à la fois pôle politique, administratif, industriel, commercial, touristique, scolaire etc. Elle attire de ce fait une forte population aux conditions économiques si variées que leur prise en compte socialement reste une problématique majeure quasi-insoluble. L’une des facettes de cette problématique est la crise de logement décent. Selon plusieurs études sérieuses, le déficit de logement à Abidjan est de l’ordre de 12 000 par an. Il s’agit ici de logements avec un minimum de commodités. L’estimation concerne les personnes qui ont les moyens d’occuper ces logements s’ils existaient. Mais une très forte partie de la population vit dans les bidonvilles, appelés également habitats spontanés. Dans une étude publiée en 2012 intitulée « Côte d’Ivoire, profil urbain d’Abidjan » le Programme des Nations Unies pour l’Etablissements Humain (ONU-Habitat) estimait déjà que plus 6% de la population vivaient dans les bidonvilles et plus de 52% vivait dans les cours communes. Soit environ 60% de la population d’Abidjan vivait, déjà en 2012, dans des conditions de sécurité sanitaire très précaires. Cette situation sait davantage aggravé du fait de la paupérisation généralisée. Cette étude a également attribué cette triste situation au fait que depuis belle lurette, il n’y a jamais eu véritablement de politique d’habitat social. Dans la réalité, la spéculation foncière étant très forte à Abidjan du fait du déséquilibre entre la demande et l’offre, il est quasiment impossible de réaliser des opérations d’habitats sociaux accessibles aux classes aux revenus modérés. Dans ces conditions la moitié de la population de la ville d’Abidjan, laissée pour compte, se rue vers les habitats spontanés qui poussent partout y compris dans les zones non aedificandi de jure ou de facto.

L’urbanisation incontrôlée de la ville d’Abidjan ne pose pas des problèmes d’ordre social aux seules populations d’Abidjan. Dans une relation de cause à effet, les autres populations ivoiriennes en paient aussi un lourd tribut. En effet, la gestion de cette mégapole tentaculaire nécessite des efforts budgétaires énormes pour en satisfaire les besoins sociaux de base. Ces efforts budgétaires, en termes d’investissements, se font au détriment des populations des autres parties du pays, notamment celle des zones rurales. Il suffit de quitter Abidjan pour constater la disparité frappante et évidente qui se dégage entre cette ville et les autres parties du pays, y compris celles situées dans la ceinture la plus immédiate. Comme un serpent de mer qui se mord la queue, plus l’on investit à Abidjan plus elle attire des populations. Le gouvernement, perdu dans le tourbillon de sa propre politique d’urbanisation d’Abidjan, pour tenir le rythme, est obligé d’offrir des infrastructures de basse qualité qui s’écroulent ou se détériorent à la première averse. Et le scénario reprend encore et encore, comme s’il n’y avait pas d’autre alternative.

𝗣𝗼𝘂𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁, 𝘀𝗼𝗻 𝗘𝘅𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗕𝗔𝗚𝗕𝗢 𝗮 𝗱𝗲́𝗷𝗮̀ 𝗺𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲́ 𝗹𝗲 𝗰𝗵𝗲𝗺𝗶𝗻 𝗱𝗲 𝗹’𝘂𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗮𝗹𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝘃𝗲 𝘀𝗲́𝗿𝗶𝗲𝘂𝘀𝗲 𝗲𝘁 𝘃𝗶𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗲𝗻 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗲𝗿𝘁 𝗲𝗳𝗳𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗽𝗶𝘁𝗮𝗹𝗲 𝗮̀ 𝗬𝗮𝗺𝗼𝘂𝘀𝘀𝗼𝘂𝗸𝗿𝗼. 𝗟𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝘂𝘅 𝗲𝗻𝘁𝗮𝗺𝗲́𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲́𝘀 𝗮̀ 𝗹’𝗮𝗯𝗮𝗻𝗱𝗼𝗻 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗿𝗲́𝗴𝗶𝗺𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝘀𝗮𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝗳𝗳𝗲́𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗲̂𝘁𝘀 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝘂𝘅 𝗲𝘁 𝗮𝗱𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝘁𝗲́ 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲. 𝗘𝗻 𝗲𝗳𝗳𝗲𝘁, 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿𝗲́𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗮𝗹𝗼𝗿𝘀 𝗰𝗮𝗻𝗱𝗶𝗱𝗮𝘁 𝗲𝗻 𝟮𝟬𝟭𝟬, 𝗮𝗶𝘁 𝗮𝗻𝗻𝗼𝗻𝗰𝗲́ 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝘀’𝗶𝗻𝘀𝘁𝗮𝗹𝗹𝗲𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗮̀ 𝗬𝗮𝗺𝗼𝘂𝘀𝘀𝗼𝘂𝗸𝗿𝗼 𝗶𝗺𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗮𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝘀𝗼𝗻 𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗲𝘁 𝗲𝗻 𝟮𝟬𝟭𝟮 𝗽𝗮𝗿 𝗹’𝗲𝗳𝗳𝗲𝘁 𝗱𝘂 𝗱𝗲́𝗰𝗿𝗲𝘁 𝗻° 𝟮𝟬𝟭𝟮-𝟬𝟮 𝗱𝘂 𝟬𝟵 𝗝𝗮𝗻𝘃𝗶𝗲𝗿 𝟮𝟬𝟭𝟮, 𝗶𝗹 𝗱𝗶𝘀𝘀𝗼𝗹𝘃𝗲 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗮𝗺𝗺𝗲 𝘀𝗽𝗲́𝗰𝗶𝗮𝗹 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗲𝗿𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗽𝗶𝘁𝗮𝗹𝗲 𝗮̀ 𝗬𝗮𝗺𝗼𝘂𝘀𝘀𝗼𝘂𝗸𝗿𝗼 𝗺𝗶𝘀 𝗲𝗻 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗕𝗔𝗚𝗕𝗢. 𝗣𝗼𝘂𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗲́𝘁𝗮𝘁 𝗮𝗰𝘁𝘂𝗲𝗹 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗼𝘀𝗲𝘀, 𝗹𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗲𝗿𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗽𝗶𝘁𝗮𝗹𝗲 𝗮̀ 𝗬𝗮𝗺𝗼𝘂𝘀𝘀𝗼𝘂𝗸𝗿𝗼 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗼𝗽𝘁𝗶𝗼𝗻. 𝗘𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗮 𝘀𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗾𝘂𝗶 𝘃𝗮 𝗽𝗲𝗿𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻 𝗱𝗲́𝘀𝗲𝗻𝗴𝗼𝗿𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗱’𝗔𝗯𝗶𝗱𝗷𝗮𝗻. 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗲́𝘃𝗶𝗱𝗲𝗻𝗰𝗲. 𝗢𝗿 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗶𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗲́𝘃𝗶𝗱𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲́𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗻𝗶𝗺𝗲́ 𝗽𝗮𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗶𝗱𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝘀𝘂𝗯𝗷𝗲𝗰𝘁𝗶𝘃𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗻𝘁 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗿𝗲𝗰𝗵𝗲𝗿𝗰𝗵𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗯𝗼𝗻 𝘀𝗲𝗻𝘀.
𝗣𝗮𝗿 𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀, 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗱𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼̂𝗹𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗲𝗻 𝘀𝗽𝗲́𝗰𝗶𝗮𝗹𝗶𝘀𝗮𝗻𝘁 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗿𝗲́𝗴𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘁𝗲𝗹 𝗼𝘂 𝘁𝗲𝗹 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗼̂𝗹𝗲, 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗹𝗲 𝗿𝗲́𝘂𝘀𝘀𝗶𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗯𝗶𝗲𝗻.

𝟰. 𝗟𝗔 𝗙𝗜𝗡 𝗗𝗨 𝗦𝗧𝗔𝗧𝗨𝗧 𝗗𝗘𝗦 𝗥𝗘𝗙𝗨𝗚𝗜𝗘𝗦 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗟𝗘𝗦 𝗜𝗩𝗢𝗜𝗥𝗜𝗘𝗡𝗦

Le 20 mai dernier, dans le village de GUEYA, dans la commune de Bloléquin, deux personnes ont été abattues atrocement et leurs corps mutilés par des personnes d’origine étrangère. Les deux victimes étaient des exilés qui étaient rentrés quelques mois plutôt de leur exil. Ils avaient découvert que, pendant leur absence, leurs terres étaient occupées par les auteurs présumés de leur sauvage assassinat. C’est en tentant de récupérer leurs terres que les occupants les ont froidement tués.

Ce récit n’est malheureusement pas inédit. Il fait partie des nombreuses et énormes difficultés auxquelles font face l’écrasante majorité des exilés. Ces difficultés tournent pour l’essentiel autour de leur insertion une fois de retour au pays. Parce que taxés de pro-Gbagbo, le sort de ces anciens exilés semble très loin des préoccupations du gouvernement en matière d’insertion sociale.

Pourtant, le gouvernement s’est montré très entreprenant pour convaincre l’ONU de mettre fin au statut de réfugié et d’exilé aux Ivoiriens à la fin de ce mois. Cela a été signifié aux réfugiés ivoiriens partout où ils se trouvent, le 20 Juin dernier lors de la journée internationale du réfugié. Il faut dire qu’il lui a fallu très peu d’énergie pour convaincre l’ONU qui, dès le départ et à travers le HCR, s’est montré très embarrassé sur le cas des réfugiés ivoiriens. Pour preuve, en 2013, pendant la journée internationale du réfugié, le Secrétaire Général de l’ONU DE l’époque, monsieur Bank Ki Moon, citant les nationalités d’origine des réfugiés dans le monde, avait omis de citer les réfugiés ivoiriens. La coordination de FPI en exil avait réagi vigoureusement par une déclaration déposée au bureau du SG de l’ONU contre cet oubli méprisant. Deux ans après, en septembre 2015, le HCR suspendit les quelques subsides qu’il donnait aux réfugiés dans les camps. Dans la réalité, les réfugiés ivoiriens ont toujours constitué une sorte de miroir qui renvoie à la conscience du Conseil de Sécurité de l’ONU son rôle prépondérant dans la crise ivoirienne de 2002 à 2011, lequel rôle a été évoqué en filigrane par les juges de la CPI dans leur décision du 15 janvier 2019. Il y a toujours eu une convergence de vue entre le gouvernement ivoirien et l’ONU sur la situation des réfugiés ivoiriens. Leur inexistence leur procure la même satisfaction. Ainsi, tout est mieux dans le meilleur des mondes en Côte d’Ivoire. Pourtant, l’écrasante majorité des réfugiés ivoiriens n’a jamais caché son désir de retourner au pays. Toutes les évaluations faites sur ce sujet sont arrivées à cette même conclusion. Les dernières statistiques, en ce qui concerne les réfugiés ivoiriens au Ghana, confirment encore le désir de retour en Côte d’Ivoire. En effet, sur les dizaines de milliers de réfugiés Ivoiriens dans ce pays au départ, seul 950 ont décidé de rester au Ghana. Sur ce chiffre, seulement 450 ont demandé une extension du statut de réfugié à leur égard. Sur ce nombre, seulement 20 familles ont pu bénéficier de cette extension de statut. Donc, contrairement à ce que le gouvernement ivoirien laisse croire, les réfugiés ivoiriens ont toujours voulu retourner dans leur pays. Le problème majeur qu’ils ont régulièrement soulevé est leur insertion sociale une fois au pays. La peur de la précarité sociale et les règlements de compte meurtriers ont toujours été leurs principales préoccupations.

C’est pourquoi, le PPA-CI a porté leurs préoccupations au gouvernement dans le cadre du dialogue politique. Le gouvernement avait suggéré que l’ensemble du dispositif de l’Etat relatif à l’insertion socio-professionnelle des jeunes soit porté à la connaissance de notre parti afin qu’il le diffuse auprès des réfugiés. Jusqu’à ce jour, rien n’a été fait dans le sens de ce qui avait été promis. Dans ces conditions, comment ne pas douter de la bonne foi du gouvernement quant à sa volonté de faciliter le retour de ses citoyens vivant en exil. Au lieu d’opérer par la sensibilisation avec des propositions concrètes, le gouvernement et le HCR ont opté pour le passage en force. L’ONU et le gouvernement ivoirien veulent sauver les apparences d’une Côte d’Ivoire pacifiée qui ne justifie plus l’exil des citoyens. Mais la réalité est là et le drame de GUEYA ci-dessus rappelé est la preuve de cette réalité qui ne peut se cacher.

Le PPA-CI se range du côté de ces réfugiés qui retournent dans un état de précarité sociale sévère. Il leur exprime toute sa compassion. Il les invite à prendre leur place dans le combat politique aux côtés du Président Laurent GBAGBO. Seul le succès de ce combat peut leur donner l’opportunité de se construire une vie meilleure. Nous leur disons que leurs souffrances et leurs sacrifices ne resteront pas vains.

En tout état de cause, le PPA-CI est déterminé à continuer de défendre la cause de tous les réfugiés retourner au pays comme il le fait pour les prisonniers politiques. Parce que la république doit être juste et impartiale envers tous ses fils.

Merci pour votre aimable attention.

𝗔𝗯𝗶𝗱𝗷𝗮𝗻, 𝗝𝗲𝘂𝗱𝗶 𝟮𝟯 𝗷𝘂𝗶𝗻 𝟮𝟬𝟮𝟮

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