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Le porte-parole du Président Laurent Gbagbo et par ailleurs deuxième Vice-président du parti des peuples africains- Côte-d’Ivoire, Koné Katinan Justin était ce Jeudi 07 Juillet , face à la presse via l’émission politique dénommée «La Tribune de PPA-CI» au siège de EDS sis à Abidjan- Cocody.

Pour cette troisième émission, du parti de l’ancien pensionnaire de la prison de Scheveningen à la Haye au Pays-Bas, Justin Koné Katinan a abordé le drame de Melilla au Maroc.

A cette prestigieuse tribune politique, le porte-parole du Parti des Peuples Africains- Côte-d’Ivoire, Justin Koné Katinan a expliqué les circonstances du drame puis a présenté ses condoléances aux victimes.

En effet, le vendredi 24 juin 2022, près de 2000 personnes venues d’Afrique subsaharienne, rassemblées en un impressionnant cortège, ont tenté de passer en Europe en escaladant et cisaillant la haute clôture grillagée de Melilla, la ligne fortifiée qui sépare l’Espagne du Maroc. 

Les migrants sont arrivés tôt le vendredi matin dans la zone de la clôture en passant par la ville marocaine de Nador, à quelques kilomètres de Melilla. Parmi eux, 500 ont réussi à s’approcher de la clôture pour tenter d’entrer. C’est là, coincés dans l’un des couloirs du poste frontière, que s’est produite l’avalanche fatale. Au bilan, de nombreuses victimes sont tombées du haut de la clôture et d’autres ont été écrasées dans une bousculade, faisant au total 23 morts, selon les autorités marocaines. Mais des témoins oculaires et des images diffusées par des survivants affirment que des officiers marocains ont agressé les migrants et ont tenté de les arrêter à l’aide de matraques, de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.  Les tentatives d’atteindre le territoire européen par Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles sur la côte nord-africaines, ne sont pas rares. Mais cette dernière a été la plus meurtrière à ce jour, et les images publiées montrant des migrants entassés, certains en sang et gisant immobiles sur le sol, ont suscité l’indignation. 

« 𝗟𝗲 𝗣𝗮𝗿𝘁𝗶 𝗱𝗲𝘀 𝗣𝗲𝘂𝗽𝗹𝗲𝘀 𝗔𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝘀 – 𝗖𝗼̂𝘁𝗲 𝗱’𝗜𝘃𝗼𝗶𝗿𝗲 (𝗣𝗣𝗔-𝗖𝗜) 𝗲𝘁 𝘀𝗼𝗻 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗮𝗹𝘂𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗺𝗲́𝗺𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗰𝗲𝘀 𝗺𝗼𝗿𝘁𝘀 𝗲𝘁 𝗲𝘅𝗽𝗿𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗮 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗮𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗮𝘂𝘅 𝗳𝗮𝗺𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝘃𝗶𝗰𝘁𝗶𝗺𝗲𝘀. », a-t-il déclaré

Pour le porte-parole du PPA-CI, cette tragédie se situe dans une problématique plus large de l’émigration de la jeunesse africaine. Les causes sont multiples et multiformes. Cependant, les causes profondes se rapportent aux conditions sociales et politiques qui incitent les personnes à migrer. Il s’agit notamment de la pauvreté, de la répression, des situations de conflit et de la violence. En toile de fond, l’émigration de jeunesse africaine, notamment subsaharienne, pose le problème de la gouvernance des pays africains dans le contexte de la mondialisation issue du consensus de Washington des années 80. 

Diverses tentatives de solutions ont été faites.  A cet effet, les 11 et 12 novembre 2015, une rencontre de très haut niveau (Chefs d’Etat et de gouvernement) sur la migration a eu lieu à la Valette (Malte), entre l’Union Européenne (UE) et 36 pays Africains, autour de l’objectif de renforcement de la coopération entre les deux continents. Ce sommet a abouti à l’engagement des dirigeants à aborder les causes profondes de la migration irrégulière et du déplacement forcé, en tenant compte de la question de la migration et de mobilité dans la formulation de leurs stratégies de développement, programmation et mise en œuvre entre les deux continents. Les dirigeants africains et européens sont également convenus de renforcer la protection internationale des migrants et de renforcer l’aide, et de reconnaître la nécessité de faciliter la migration et la mobilité régulière des entrepreneurs, des étudiants et des chercheurs. 

Un Fonds fiduciaire d’urgence (FFU) de l’Union Européenne pour l’Afrique, à hauteur de 1,8 milliards d’euros, a été lancé afin de mettre en œuvre le Plan d’Action Conjoint de la Valette (PACV) sur la migration, en vue d’apporter des solutions en rapport aux causes profondes de la migration irrégulière et des personnes déplacées en Afrique. Devraient en bénéficier, les pays des régions du Sahel et du lac Tchad, de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique du Nord, considérés comme étant les principales routes de la migration vers l’Europe. 

En Janvier, sur le site de la Commission Européenne l’on peut lire que le FFU a mobilisé 5 milliards d’Euros soit plus de 3200 milliards de FCFA. Sur les fonds mobilisés, 4,9 milliards d’Euros ont été approuvés pour financer 251 projets dans 26 pays d’Afrique. Les pays du Sahel, le Burkina-Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria le Sénégal et le Tchad ont reçu, au titre de ce fonds, 2,21 milliards d’euros, soit environ 1451 milliards de FCFA. 

Pourtant à la réunion des hauts fonctionnaires, cadre créé pour suivre le PACV, tenue en 2017, il a été noté que le PACV n’avait pas réussi à contenir la migration.  La tragédie des enclaves espagnoles vient confirmer cet échec. 

 𝗟𝗲 𝗣𝗣𝗔-𝗖𝗜 𝗿𝗲𝗹𝗲̀𝘃𝗲 𝟯 𝗿𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻𝘀 𝗲𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘁 𝗲́𝗰𝗵𝗲𝗰, 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲𝘀 𝗱’𝗼𝗿𝗱𝗿𝗲 𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝗹 : 

𝟭- La non transparence dans la gestion du FFU : Les populations ignorent tout de ce Fonds géré exclusivement par les gouvernements dans un contexte de forte corruption.  D’où le silence gênant des gouvernements africains sur les derniers violents dans les enclaves et les autres formes de traitements discriminatoires défavorables aux migrants africains. 

La complaisance dans l’évaluation des performances économiques Africaines : La Côte d’Ivoire a connu, selon le gouvernement, de fortes croissances économiques pendant 10 années. Pourtant elle figure parmi les premiers fournisseurs de migrants. Selon les autorités Italiennes, le tiers des immigrants qui arrivent en Italie sont de nationalité ivoirienne. Chaque mois, depuis 2011, ce ne sont pas moins de 1500 ivoiriens qui prennent le risque et bravent tous les obstacles de l’immigration clandestine pour arriver aux frontières italiennes. Ce nombre est beaucoup plus élevé que pendant la période de guerre 2002-2010. Il convient d’ajouter à cette migration dite irrégulière le nombre de migrants réguliers au nombre desquels de nombreux médecins, chercheurs, universitaires d’ingénieurs et autres techniciens très qualifiés. 

𝟯- Le déséquilibre des échanges commerciaux et la faiblesse des productions économiques Africaines qui ne favorisent pas la lutte contre la pauvreté et n’offrent pas de perspectives aux jeunes. 

𝗘𝗻 𝘀𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 :

𝟭- Le PPA-CI demande à l’Union Européenne de rendre publics les fonds alloués à chaque pays et les projets d’insertion y afférents.  Un rapport doit être dressé, à cet effet, et déposé devant les députés de chaque pays. Cela permettra un meilleur suivi-évaluation des populations elles-mêmes. Toute chose qui va garantir une plus grande transparence. 

𝟮- Ces allocations doivent privilégier les indices de développement humain et non, les ratios macroéconomiques qui ont du mal à restituer les réalités économiques des pays.

𝟯- La proximité de l’Afrique avec l’Europe impose à celle-ci des solutions économiques structurelles profondes dans ses rapports avec l’Afrique.  Les réajustements circonstanciels ou conjoncturels ne peuvent faire sortir l’Afrique de la pauvreté structurelle. Dans une perspective plus large, il faut un consensus Euro-Afrique qui remplace le consensus de Washington dont l’approche globalisante reste défavorable aux économies Africaines. 

Rappelons que « La Tribune du PPA-CI » s’inscrit dans le cadre de la politique de la communication du PPA-CI, le Porte-parole du PPA-CI, en collaboration avec la Commission Communication et Organisation des Manifestations (CCOM). A cette occasion, le Porte-parole aborde plusieurs sujets.

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