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Ukraine: US/Poutine négocient en coulisse?

L’Amérique et ses alliés ont-ils entamé des pourparlers secrets à la recherche d’une solution diplomatique à la guerre en Ukraine pour réduire les pertes ? Et dans quelle mesure les fuites européennes sont-elles vraies à cet égard ? Pourquoi Poutine a-t-il été si prompt à rejeter tout compromis, et quelles sont ses conditions ? Quel est le nouveau phénomène américain qui inquiète Biden, interroge Abdel Bari Atwan, rédacteur en chef du journal Rai al-Youm dans un article publié samedi 9 juillet.

Alors que la guerre en Ukraine approche de son sixième mois et que les forces russes remportent des victoires militaires sur les champs de bataille, en particulier le resserrement du contrôle sur la région du Donbass dans le sud-est du pays, les journaux occidentaux ont commencé à parler des appels à multiplier les efforts pour trouver des issues politiques qui mettraient fin à cette guerre et réduiraient au plus vite les pertes économiques et militaires.

À cet égard, le journal allemand, Die Welt, a révélé il y deux jours dans sa première page que les États-Unis et leurs alliés multipliaient des contacts et des discussions secrets pour mettre fin à la guerre en Ukraine par le biais d’une solution diplomatique à laquelle s’adhèrent aussi la majorité des électeurs européens.

Le journal américain Foreign Policy est allé encore plus loin en affirmant que l’opinion publique américaine est divisée sur la guerre d’Ukraine et qu’une partie de la société américaine s’est mise à exprimer son soutien au président Vladimir Poutine et à s’opposer à l’envoi de plus d’armes. En outre, les membres du Parti républicain ont ouvertement pris parti pour la Russie, comme l’ancien président Donald Trump, et le célèbre animateur de Fox News, Tucker Carlson, ce dernier ayant déclaré son soutien à la Russie et affirmé dans ses déclarations que l’administration Biden porte la responsabilité du déclenchement de cette guerre dans l’objectif d’élargir l’OTAN.

Les accords d’armement accélérés entre l’Occident et l’armée ukrainienne, dont le dernier se chiffrait à 400 millions de dollars, incluent entre autres les systèmes de missiles HIMARS, qui d’une portée de 80 km, peuvent prolonger la guerre sans toutefois apporter quoique ce soit en faveur du président Volodymyr Zelensky et de son gouvernement. Pire, ils risquent de conduire à une guerre directe entre la Russie et les États-Unis, si ces missiles sont utilisés pour bombarder des villes russes.

Quoi qu’il en soit, les dirigeants russes ne seront pas favorables à n’importe quelle médiation pour mettre fin à la guerre à moins que leurs exigences ne soient pleinement acceptées, notamment la reconnaissance par l’Occident de l’indépendance de la région du Donbass et de ses deux républiques séparatistes ainsi que la pleine souveraineté russe sur la Crimée. Ceci étant, les Russes pourraient se retirer du sud-est de l’Ukraine et renoncer même aux gains qu’ils ont réalisés dans le cadre d’une solution politique.

D’ailleurs, le président Poutine a confirmé que la Russie n’envisageait pas de faire un compromis dans les brefs délais et que la poursuite des sanctions contre son pays n’aura pas les résultats escomptés, mais affectera gravement les prix de l’énergie. De même, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a quitté plusieurs sessions du G20 à Bali, signe de contestation par rapport aux critiques occidentales à l’égard de son pays.

Certes, les sanctions imposées par l’administration Biden à la Russie ont eu jusqu’à présent des résultats complètement contre-productifs, comme le renforcement de l’économie russe au détriment des économies occidentales qui s’enfoncent dans les crises d’inflation. S’y ajoute la baisse de la valeur des monnaies européennes, en particulier l’euro et la livre sterling, à des niveaux sans précédent depuis vingt ans, conduisant à des prix exorbitants et à l’augmentation du coût de la vie.

Alors que l’économie européenne fait face à des crises sans précédent, dont la baisse des marchés financiers et des monnaies nationales, l’inverse est en train de se produire dans les pays de l’alliance BRICS (Russie, Chine, Inde, Brésil et Afrique du Sud) dont le nouveau système financier, se basant sur un panier de devises dont le pilier est le rouble russe et le yuan chinois, se renforce comme une alternative à l’hégémonie du dollar américain qui repose sur.

La Russie, au contraire, touche un milliard de dollars supplémentaires par jour en raison de la vente de pétrole et de gaz dont le prix monte en flèche sans oublier le cours du rouble qui a atteint des taux record alors que plus loin aux États-Unis les internautes publient et republient les vidéos dans lesquelles le président Biden parle avec fierté et dérision de l’effondrement de l’économie russe.

La mise en garde du président russe selon laquelle « la Russie n’a encore commencé rien commencé », « rien de sérieux » signifie qu’il exige une reddition complète, le non-élargissement de l’OTAN et le déploiement de ses systèmes de missiles balistiques aux frontières de la Russie, et la reconnaissance des deux nouvelles républiques dans la région du Donbass. Il n’est pas exclu que l’Occident cède aux conditions fixées par le Kremlin pour réduire les pertes et mettre un terme à ses défaites militaires et économiques en Ukraine.

Pour se faire, l’Occident doit faire preuve de flexibilité et d’humilité tout en abondant cette illusion de victoire d’autant plus que la plupart des sondages d’opinion confirment que les résultats des élections législatives américaines de mi-mandat en novembre prochain ne seront pas en faveur des démocrates.

C’est dans circonstances que le président Biden se rendra mercredi prochain au Moyen-Orient dans une tentative désespérée de sauver l’économie occidentale frappée par la crise de l’énergie. L’Amérique d’après la guerre d’Ukraine ne sera pas comme l’Amérique d’avant, et le mérite en revient l’« intelligence » du président Poutine et à la « stupidité » de Biden.

Hormis des raisons internes, dont des scandales sexuels et une mauvaise gestion, la guerre en Ukraine et ses répercussions négatives sur l’économie britannique ont en partie contribué à la chute du Premier ministre britannique Boris Johnson. Ce dernier ayant des relations particulières avec l’Amérique qui a commis une erreur historique en s’engageant dans cette guerre. Il n’est donc pas exclu que les dirigeants occidentaux, en particulier le président Biden, commencent à craindre d’avoir le même sort.

 

Source : Press TV

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